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Acuarela (2006)

1. (intro)
2. From The North
3. Legions
4. Shades Of The Moor
5. (transition)
6. The Crowned
7. Wind Through The Walls
8. Blackwood Gates
9. Earth Covers Us
10. Spirit


Site officiel:
http://www.apsemusic.com/
Label:
http://www.acuareladiscos.com/
MySpace:
http://www.myspace.com/apse


bon

Apse - Spirit


(...) On aura tôt fait d’assimiler Apse et Sigur Ros : longues plages atmosphériques, morceaux construits dans l’irrespect le plus total des conventions et voix androgyne. La comparaison est facile mais totalement inopportune. (...) Apse recèle quelque chose de fondamentalement plus malsain (...). Qu’il s’agisse de cette pluie battante en fond sonore, de ces nappes de claviers menaçantes, de ces imprécations pré-apocalyptiques, de ces étranges lignes mélodiques à la torpeur fausse et angoissante, tout concoure à injecter à cette pureté musicale quelques gouttes d’un venin difficile à identifier mais aux effets certains.  Album centré sur la rythmique et les percussions, Spirit dégage quelque chose de tribal, de sauvage. (...)



(...) Dans le cas de Spirit, il faudrait sans doute parler d’après rock, de survie sonore avec cette incroyable montée en puissance perceptible sur Legions, opus de sept minutes rythmées par une batterie sortie tout droit de Can, des chants indiens quasi vaudous, ambiance malsaine des rites où le sacrifice est nécessaire.  Les fantômes se toisent, se saluent, écoutant Boards of Canada et Radiohead, fêtant la fin d’une ère, le début d’un nouveau chemin, entre le new age et Mogwai. De qui Apse est proche tout en étant lointain. Proximité de l’instrumentale qui explose en cours de route, éloignement par le parti pris des américains à développer leurs compositions sur la longueur. (...)



(...) Effrayants de beauté slowcore, les étirements agités du quintette de la East Coast présentent le cabinet du Docteur Mabuse aux rythmes tribaux  des Animal Collective, qui n’en demandait pas tant (Legions). Tant qu’à rester entre agités du bulbe notoire, l’inévitable Mark Hollis se déguise en maître de cérémonie des Slint pour mieux phagocyter Radiohead (From the North) ou M83 (Shades of the Moor), c’est vous dire le degré de complexité morbide d’un disque redoutablement suicidaire. Pas rassasiés pour autant, car pas complètement rétablis de leur cure post rock, les musiciens américains remettent la nappe à tête de morts et se projètent au détour d’une angoisse ante mortem d'un Fritz Lang dont la bande-son serait signée Mogwai (The Crowned). Et pour ponctuer ce – très – inspiré périple dans les nébuleuses contrées de tous les weirdos de la planète, c’est l’ami Sébastien Tellier qui roulerait une pelle charbonneuse à un Robert Smith promu nouveau leader des Liars (Wind through the Walls). (...)



(...) Spirit est un monstre, un grand fauve malin qui avance dans le noir, dans les herbes hautes (...) Spirit et à coup sûr le meilleur disque de genre depuis le cataclysmique dernier disque de GY!BE, une épopée loin de la guerre en territoire occupé, mais assurément dans celle de l'être et de l'intime. Si on reproche au post rock d'avoir construit sa propre tombe, on ne pourra pas s'indigner qu'un groupe en face resurgir les esprits, qui auront loisir de se disséminer dans l'imaginaire, donc dans la musique. (...)



A défaut d'un grand vent de fraîcheur, c'est une brise glacée qui vient pousser ce post rock étrangement lyrique dans le dos. Certains diront que c'est encore un coup de quelques âmes newaveuses éternellement sur le départ. Les autres, sans égard pour le topo historique, claqueront des dents de bonheur.



Vous pouvez lire également au sujet de cet album Le post-rock est mort, vive le post-rock! dans le Journal de bord de Zabladowski

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