(...) Parfois, j’écoutais Delerm. (...) Je me disais, Delerm, lui, il a trouvé le filon pour plaire aux filles aux yeux verts. Souvent, je pensais que les chansons de Delerm ressemblaient à ces bibelots pleins de poussière, achetés un jour où il faisait si beau, à Deauville. Quelques fois, seul, je m’imaginais avec Delerm, sur ce canapé couleur aubergine, en train d’écouter Miossec, les yeux rivés sur le poster d’Un homme à abattre. Parfois, je me trouvais nul d’écouter Delerm. Souvent, d’ailleurs, je n’écoutais pas Delerm.
Vincent Delerm veut faire évoluer sa musique. Mauvaise idée (...) Une chose frappe d’emblée : il chante encore plus mal. (...) En perdant une partie de cette distance qui pouvait paraître maladroite ou hautaine à ses détracteurs, il se fait plus passe-partout mais aussi plus mièvre. (...) Le propos de cet album est plus intimiste, compte moins de name-dropping. A ce propos, remarquons que ce procédé est utilisé beaucoup moins sur cet album, seule la chanson Les Jambes De Stefi Graff ressemble à la version fétichiste du sommaire d’un Stade 2 de 1987. Bon, encore une fois, ce n’est pas l’extase musicale. (...) Pourquoi tant de haine ? Parce qu’au delà de l’humour qui est moins présent, il y a de mauvais choix manifestes. Si à tête reposée, la lecture des paroles et toujours plaisant, le gloubiboulga musical est désolant. On ne va pas enterrer Vincent Delerm comme ça mais il s’éloigne sur la pente savonneuse du joli. (...)



