(...) Au fil des titres, qui, musicalement, picorent dans tout ce que la pop-culture a fourni de mieux (c’est-à-dire de plus efficace) ces dernières années (...) Ce pourquoi on craque, surtout, c’est cette manière de chanter des textes piquants – voire dégueulasses – sur un ton enjoué. Une langue de vipère se cache sous la mélodie sirupeuse, le rythme ensoleillé et la voix candide. Comme prennent soin de le préciser tous ceux qui la louent, Lily Allen sera probablement oubliée dès la première pluie. Entre temps, elle aura fourni un peu de distraction sucrée, sur fond d’impertinence bon enfant. Et peut-être qu’elle laissera certains rêveurs : si la pop légère pouvait être comme ça toute l’année...
(...) Comme une journaliste australienne le soulignait, Alright, Still est un album pop bonbon… à la nuance près que le bonbon contient des lames de rasoir. Les médias britanniques ayant tendance à donner le titre de sauveur de musique pop à la saveur du jour, l’accueil dithyrambique réservé à Lily Allen peut être vu comme suspect. Alright, Still est pourtant l’un des meilleurs albums pops à être paru cette année. À consommer sans modération.
(...) La petite Lily n’existera peut-être plus dans six mois ailleurs que dans nos souvenirs légers et émus, mais, après tout, les plaisirs éphémères ne sont pas forcément les moins appréciables et les textes espiègles et les mélodies acidulées de la fille à papa la plus délurée de l’été resteront comme l’un des bons souvenirs de 2006.
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