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Drag City (2006)

1. Emily
2. Monkey & bear
3. Sawdust & diamonds
4. Only skin
5. Cosmia


Label:
http://www.dragcity.com
MySpace:
http://www.myspace.com/joannanewsom


très bon

Joanna Newsom - Ys


(...) Ys a des allures de projet ambitieux à la limite du caprice mégalo. Visez plutôt. Ys est composé de cinq titres allant de 7:17 pour le plus court à 16:53 pour le plus long. (...) C’est par un mur de cordes que commencent les premières minutes de Ys. (...) alors qu’elle aurait pu en faire des tonnes avec ses nouveaux joujoux, la chanteuse se sert de l’orchestre comme d’un simple appui pour des morceaux dont la véritable moelle se trouve être tout simplement la voix et la harpe. Le travail de production est à ce titre remarquable. Il faut d’ailleurs une dizaine d’écoute avant de tirer toutes les subtilités de cet album à tiroir.  Et c’est bien là toute la qualité de Ys. La première écoute nous fait comprendre tout simplement qu’on est là face au genre de petite œuvre d’art qui est prête à se dévoiler tranquillement en prenant le temps de se laisser apprivoiser. (...) Joanna Newsom se fout des formats et ne cherche même pas à incorporer de single dans son album. La petite a presque des allures d’extra-terrestres dans le monde bien établi de la pop. Il est en effet assez rare ces temps-ci de se retrouver en face d’objets dont on sait rapidement qu’ils vont nous accompagner dans les années à venir. Frais et terriblement séduisant, Ys a bel et bien les atours du classique (...)

(...) Certes Joanna Newsom demeure avant toute chose une conteuse folk (...) et le chant est omniprésent, mais cette fois l’ampleur musicale est au rendez-vous : majestueux, complexe et d’une beauté à couper le souffle, Ys doit sans doute beaucoup à Jim O’Rourke. Car si son travail de production y est discret, l’influence de ses propres albums solo ne s’y fait pas moins bel et bien sentir : richesse de l’instrumentation acoustique, profondeur sonore, morceaux dont le développement dépasse les 10 minutes sans pour autant s’étirer de trop et sans raison (...). Parallèlement, les arrangements de Van Dyke Parks sont somptueux, peut-être le plus beau travail du compère de Brian Wilson, ce qui n’est pas peu dire. (...) On pense également à la musique de chambre, aux ballades moyenâgeuses dont s’inspirait déjà ponctuellement le grand Tim Buckley (cf. la pochette), ou même par moments à Gershwin voire à Danny Elfman. (...)


(...) J’ai beaucoup aimé sa précédente réalisation, allant jusqu’à porter peu d’objections sur sa voix qui en hérissait beaucoup. Car les morceaux y étaient merveilleusement composés. Joanna Newsom offrait alors à la harpe un moyen d’expression inédit sous un format pop et faisait ainsi de son bijou de disque une oeuvre originale et attachante. Son nouvel album aurait pu s’inscrire dans la continuité du précédent, auquel cas chacun y aurait trouvé son compte. Seulement, Ys brouille les pistes. L’album, constitué de cinq morceaux, à mon goût trop orchestrés, d’une dizaine de minutes chacun, est on ne peut plus déconcertant. Même chose que pour le précédent, on aime ou on n’aime pas. Personnellement, je n’aime pas, mais alors pas du tout, ce qui n’empêchera personne de se faire son opinion (...) On verse une larme au souvenir de The Milk-Eyed Mender, de son dépouillement relatif et du soin minutieux apporté à son écriture. (...)

C’est chose faite, Ys est dans les bacs. Et les violons ne me font plus peur, je n’ai plus l’impression d’écouter un joyeux bazar dépourvu de sens. Ys, a une construction au contraire qui fait sens, presque parfaite, proche de l’œuvre culte à laquelle il est impossible de ne pas succomber. Les cinq pistes de ce disque me rappellent une sorte de bande originale de film, et le virage que Joanna a pris est complètement visible. Elle y raconte des histoires à rebondissements, des balades pleines de pays merveilleux.  (...) Les cinq pistes sont magiques, harmonieuses, parfaitement équilibrées, à envisager dans un ensemble et pas séparément. Chaque piste possède plusieurs vagues, où la harpe croise les violons ou un banjo, ce qui donne un patchwork musical d’excellente qualité où l'on est plongé dans un univers médiéval et fantastique. (...)

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