(...) Si on y retrouve les formules habituelles qui font le succès de la miss, à savoir une voix doucement plaintive et un piano sorti d’un vieux grenier, on y trouve aussi un aspect plus soul, avec trompettes, une batterie un peu bluesy, et une orchestration beaucoup plus riche qu’avant. C’est peut-être ce qui surprend et déroute le fan de base. On a rajouté de la matière là où le vide faisait si bien, là où le silence était la tension nécessaire au succès de ses fragiles compositions. Le bilan est désolant à avouer, mais j’ai ressenti de l’ennui à l’écoute de cet album, même si quelques morceaux ont relativisé mon jugement (...)
(...) Autant le dire de suite, le nouvel album de Cat Power n'est même pas décevant, il est navrant. Navrant de fadeur, de compromission, de mièvrerie. Et n'allez même pas chercher du côté du second degré, espérer juste une forme distanciation. Non, rien ne semble dépasser le stade du ramassis dégoulinant de sons les plus aseptisés. Pire, le tout confine au mauvais goût le plus ostentatoire. A deux exceptions près : le titre d'ouverture The Greatest et l'avant-dernier morceau Hate, qui réussissent à nous rappeler combien Chan Marshall est talentueuse quand elle veut (...)
The Greatest, septième album de Chan Marshall, sirène imprévisible de la scène US, s’essaie, après l’indie-rock, l’australiana, l’album de covers dénudé, puis le classique folk, à une sorte de plongée de sa musique dans un bain soul inspiré par les enregistrements 70’s d’Al Green, et le résultat ne relève ni de l’exploit ni du plantage en règle. Plutôt d’une sorte d’écart aventureux, à demi maîtrisé, à demi convaincant. (...) si vous trouvez qu’un disque de Cat Power où il n’y a que six ou sept bonnes chansons ne vaut pas le coup, c’est votre problème. Le mien, c’est désormais de devoir attendre le suivant.
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