(...) Il est bien loin le temps des ballades minimalistes aux six-cordes austères, sur fond de boîte à rythmes fantomatique. Désormais, Bonnie "Prince" Billy a apprivoisé les arrangements de cordes discrets, et plus généralement, les ambiances pacifiées. (...) Nouveauté à noter : il est soutenu par une voix féminine assez haut-perchée, qui dessine des entrelacs vocaux enchanteurs. Cette douceur fémininine, pour le moins inahibituelle, saupoudre par touches discrètes la majorité des titres, s’apparentant par moments à des lamentations de sirènes (...) La musique de BPB s’en trouve transfigurée : il enchaîne les morceaux acoustiques avec une inspiration retrouvée, sans doute encouragé par cette nouvelle muse. (...)
La question me taraude depuis une semaine. The Letting Go est-il le meilleur album de Will Oldham ? (...) je peux tenter d'y répondre en biaisant : c'est peut-être le meilleur album de Faun Fables, groupe dont je ne connaissais rien il y a une semaine. Dawn Mac Carthy, sa chanteuse et tête pensante, intervient longuement sur The Letting Go, à tel point que ce disque n'est pas uniquement celui de Will Oldham mais un album à deux voix. On ne dira jamais assez ce que Dawn Mac Carthy apporte à The Letting Go. (...)
The Letting Go, publié sous le nom de Bonnie "Prince" Billy, est l’un de ses meilleurs, un truc à faire passer Sufjan Stevens pour un plâtrier polonais. C’est un disque apaisé, touché par la grâce et la lumière, enregistré en Islande, sur les terres de Björk, avec l’un des plus grands producteurs de ce tout petit pays, Valgeir Sigurdsson. The Letting Go est un disque juste et bouleversant, beau à pleurer comme un matin d’automne ensoleillé, qu’Oldham traverse avec une force nouvelle, affichant même par endroits un rapport relativement pacifié au monde. (...)



