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très bon

Jeffrey Lewis - 12 crass songs

Songwriter new-yorkais de génie et chef de file du courant antifolk, Jeffrey Lewis a toujours privilégié une approche instinctive et spontanée dans ses compositions. Il revient avec son frère Jack et un nouvel album sous le bras intitulé 12 Crass Songs qui propose une relecture à la sauce folk lo-fi de 12 titres du collectif punk anarcho-pacifiste anglais Crass qui sévissait dans les années 70-80. Ce fabuleux conteur d'histoires qui n'a pas son pareil pour raconter ses petits récits improbables chante ici comme à son habitude avec ce ton détaché et le phrasé léger et fluide qu'on lui connait. Les arrangements se font quant-à-eux moins discrets qu'à l'accoutumée alors que quelques agréments viennent compléter les lignes de guitare acoustique et Jeffrey restitue à sa façon l'energie et l'urgence des morceaux originaux. Débarassés de leur enveloppe bruyante et habillés tout en douceur, les textes révèlent une tension et une colère subtilement contrastées par l'apparente quiétude de la musique qui les accompagne. (...)

très bon

Thurston Moore - Tree Outside The Academy

(...) Nulle question d’un grand oeuvre mégalo sorti en grandes pompes, Thurston Moore nous invite plutôt à partager quelques bribes de sa vie quotidienne à travers une rasade de chansons ancrées dans les racines folk autant que dans l’indie-rock lymphatique des années 90 (la sympatoche resucée de Pavement sur Fri / end, ou le Sebadoh-esque Wonderful witches) ; rien de très neuf, donc, et pourtant la fraîcheur est intacte, renouant avec la dynastie des beautiful losers chéris de l’Americana, artisans soucieux de la mélodie qui prend littéralement corps dans l’instrument. A la différence prêt que Thurston, entouré de Samara Lubeski au violon (pour la folk credibility un peu opportuniste sur les bords) et de quelques potes de passage (Jay Mascis, Leslie Keffer, la chanteuse des Charalambides...), a tout de même digéré trente ans d’underground post-punk et parvient à rendre fluides des structures joliment biscornues. Evidemment, l’incorrigible géant blond - éternelle hydre à deux têtes - ne résiste pas à quelques entrelacs bruitistes, un peu tirés par les cheveux pour le coup (Noise among friends), mais l’ambiance générale reste à la ballade pop-folk qui sent bon l’écorce de sapin bio et crépite comme un pylône électrique. (...)

moyen

Justice - †

(...) Pis concernant et bien vous savez quoi? J’ai calissement (thématique religieuse + sacres = billet béni) pas envie d’en parler outre le fait de dire que c’est très bon. Pourquoi? Parce que je sens l’écoeurantite aïgue monté en moi comme elle s’est manifesté ces dernières années pour les wow-ils-sont-tellement-puissant-hallucinant-jai-jamais-rien-vu-de-tel-depuis-les-beatles-je-veux-savoir-la-couleur-des-caleçons-de-will-butler d’Arcade Fire. C’est pas que c’est pas bon mais c’est exactement comme des Fruit Loops: C’est pas faite pour être consommé le matin et surtout, trop c’est comme pas assez. (...)

bon

Spoon - Ga Ga Ga Ga Ga

(...) Spoon pratique un format court, gentiment remuant, accessible, presque anodin. C’est plus loin que se cachent ses charmes. C’est à la fois leur force puisqu’ils distillent plus de richesses qu’ils n’en ont l’air mais également leur faiblesse car on peut facilement passer à côté. (...) Dès le premier morceau on retrouve les sons de guitares déstructurés, les morceaux à tiroir. Ils nous reviennent en forme et on ne peut que s’en réjouir. Le sourire s‘installe d’emblée et ne partira plus. Cet album est peut-être moins riche que le précédent. Le doute est de mise après aussi peu de temps tant le charme peut agir à retardement avec eux. (...)

moyen

The Chemical Brothers - We Are The Night

Il y a deux façons de voir l'évolution de la carrière des Chemical Brothers depuis Come With Us. Un assez large consensus se dégage pour reconnaître que leurs trois premiers albums ont contribué à convertir les fans de rock au big beat et fait éclater les cloisons entre genres. Les avis sont plus partagés sur la suite : certains verront ainsi dans les derniers efforts des frangins un simple retour aux bases de leur style, sans grand intérêt, et où il est surtout question de gérer le fonds de commerce. Une autre approche plus nuancée consiste à observer que les Brothers sont encore là tandis que nombre de leurs congénères ont disparu depuis longtemps, qu'ils pondent à chaque album quelques singles imparables, et que la liste des "invités" conviés à s'ébattre avec eux sur chacun de leurs albums est une vitrine de ceux qui font l'actualité dans la pop, le hip-hop ou le folk.  We Are The Night s'inscrit dans cette lignée.

très bon

Liars - Liars

(...) Oubliés les disques à concept, les déstructurations à la Einstuerzende Neubauten et les rythmiques tribales: le trio new-yorkais retrouve l'efficacité rock de They Threw Us In A Trench And Stuck A Monument On Top, sans renier son souffle électrique.  Sans filet et sans blabla, les "menteurs" se présentent sans artifice pour leur album le plus honnête. De l'obsédant premier single Plaster Casts Of Everything au plus tortueux The Dumb In The Rain, Liars s'impose comme un album varié, lorgnant aussi bien vers la pop saturée de Jesus And Mary Chain que vers une électronique éthérée, tel l'envoûtant Protection qui clôt l'album. Entre influences assumées et bruitisme décomplexé, Liars n'a plus besoin de se cacher sous des concepts protecteurs. (...)

très bon

Caribou - Andorra

(...) Dès les premières notes d'Andorra, et surtout au niveau de la voix, on sent une très forte influence du maître Beach Boy Brian Wilson de l'époque Pet Sounds. Cela devient presque un cliché de s'inspirer de Wilson, et pour cette raison on se dit que la déception sera au rendez-vous. Ce n'est heureusement pas le cas. Caribou parvient malgré ça à nous embarquer dans son voyage hallucinant, avec des mélodies belles et accrocheuses, et un travail minutieux dans la récolte d'une variété presqu'infinie de sons qui font surgir chez l'auditeur de fortes images musicales qu'on croirait d'une autre époque. (...)

bon

Happy Mondays - Uncle Dysfunktional

(...) Le début du disque repositionne le groupe dans son style si caractéristique : une bonne dose de rythmes dansants, une voix au flegme bien présent posant ses phrases comme des incitations et des injonctions. (...) Dans une sorte d’electro hip-hop fourre-tout soutenu par une guitare élastique et une basse ronde, Shaun Ryder s’amuse à brouiller les pistes : Reggae, Funk, Madchester, Pop, Soul, Rock, tout est passé en revue sans unité et sans contrôle.
Certains trouveront sûrement qu’une telle approche est extraordinaire et sans précédent, melting-pop des styles musicaux développés en Angleterre. (...)

bon

Help She Can't Swin - The Death Of Nightlife

(...) le rock mélodique et entraînant du single ne représente pas vraiment l’entité du disque. Car ce deuxième album des anglais Help She Can’t Swim est abrupt, anguleux et va chercher ces racines musicales (entre autres) du coté de l’indie rock anglais version Riot Grrrl. Même hargne, même agressivité, même envie d’aller à l’essentiel, The death of nightlife recentre le groupe sur des titres énergiques, parfois criards, parfois tendus. (...)

bof

The Gossip - Standing In The Way Of Control

(...) Une histoire de fille, l’imposante Beth Ditto, où les garçons du groupe comptent un peu pour du beurre, écrasés par la présence autoritaire d’une voix sauvagement soul, qui emporte vers la face obscure du groove ces basses martiales et ces beats frénétiques. C’est ce qui fascine – et épuise un peu, sur la distance, car The Gossip ne connaît qu’un tour de magie, imparable : détourner l’énergie brute d’un punk-rock indie et raide vers le dance-floor.  (...) Beth Ditto ne possède à l’évidence pas ce background soul-sista, forcément élevée à un indie-rock pâle et inquiet (on parie sur Sonic Youth et Blonde Redhead), maladroite mais assez captivante dans son rôle de pythie gothico-groovy, partie en nage très libre dans un étonnant triangle des Bermudes délimité par Le Tigre, PJ Harvey et Tina Turner.


très bon


bon


moyen


bof


à jeter