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De: David Fincher
Avec: Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Robert Downey Jr., Anthony Edwards


Site officiel:
http://wwws.be.warnerbros.com/french/zodiac
IMDb:
http://www.imdb.com/title/tt0443706/
CineNews:
http://www.cinenews.be/Movies.Detail.cfm?MoviesID=4199


moyen

Zodiac


(...) En-dehors des quelques scènes de meurtres, ce n’est donc pas vraiment à un thriller qu’on assiste ici, mais plutôt à un documentaire richement illustré.  La qualité de la réalisation n’est pas en cause, elle est servie par une reconstitution exemplaire des années 70 : David Fincher est un perfectionniste et bénéficiait de 80 millions de dollars ; il a obtenu des studios le droit de tourner en vidéo Haute Définition, avec la même caméra que Michael Mann pour Miami Vice, donnant au film un réalisme assez marqué. (...) Imbattable du point de vue documentaire, donc. Mais pour le frisson, l’émotion, on repassera : le plaisir à prendre ici est essentiellement intellectuel. Pour l’amateur de charade (...), Zodiac est une mine ; pour l’amateur de thriller néanmoins, il est plutôt source de frustration.



(...) C’est ce que filme David Fincher : la banalité qui l’emporte, l’enquête palpitante qui devient routine, le temps qui passe et recouvre tout. Hélas, il ne résiste pas à étirer ce principe sur une durée interminable, digne d’une fresque viscontienne. Il insiste sur l’insaisissable, l’insignifiant. Ça finit par être aussi lourd que prétentieux, et bien frustrant pour le spectateur (...)



(...) L’immobilité à laquelle tend Zodiac engage un rapport déceptif au récit bien éloigné des films-coups de Fincher (le présent pur de Fight club). Du coup, l’ensemble semble parfois verser dans une forme de doux académisme, notamment dans son travail de reconstitution : masque encore, puisque l’envoûtement et la léthargie soigneusement provoqués déplacent la logique de l’organigramme délirant -monde crypté, monde de signes dont le serial-killer abuse jusqu’au baroque- vers d’illisibles ténèbres. Et c’est là, justement, que le film, à mesure que l’enquête s’engloutit dans cette nuit de signes, gagne paradoxalement en intensité. (...) La beauté sombre et tranquille de Zodiac tient à ce désenchantement programmé, cet effilochement rampant. Traque mort-née, surplace triste et suspens en loques (...)



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