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Site officiel:
http://wwws.be.warnerbros.com/thegoodgerman
IMDb:
http://www.imdb.com/title/tt0452624/
CineNews:
http://www.cinenews.be/Movies.Detail.cfm?MoviesID=4197


bof

The Good German


The Good german se voudrait une relecture du passé. (...) Steven Soderbergh recrée l’univers du film noir pour prétendûment mettre à jour ce que l’époque ne pouvait alors dire ou montrer. Le noir et blanc est donc clinquant et les acteurs se la jouent "âge d’or hollywoodien". A ce petit jeu finalement inoffensif, tout le monde semble bien s’amuser. Vraiment tout le monde ? (...) La faute à qui ? A Cate Blanchett, actrice habituellement surprenante ? Non, laissons lui le bénéfice du doute pour plutôt blâmer le Steven. Cinéaste caméléon, il est capable de reproduire n’importe quel style, d’endosser toutes les apparences et d’investir tous les registres. Pour autant, il s’enferme parfois dans un geste ludique qui l’éloigne de l’émotion. Dès lors, la technique domine le sujet plus qu’elle ne le sert, et le comment semble le concerner bien plus que le quoi. (...) The Good German s’inscrit dans ce registre d’amusement. Film virtuose, il revisite la représentation du passé, mais sans parvenir à communiquer la tension qui le sous-tend. Soderbergh s’amuse avec ses petites figurines et sa boite à illusions, dans un tableau digne de Casablanca. Et cette fois, il le fait sans nous.



 (...) Le point de départ du projet est simple : donner naissance à un film en usant les codes visuels et thématiques d'une époque. Pour s'approcher au plus près de son esthétique précieusement surannée, Steven Soderbergh va s'inspirer directement des techniques mises en œuvre par Michael Curtis (Casablanca) et se dégotter les types d'objectifs employés naguère (...) Mais que l'on ne se méprenne pas, s'il flotte dans une atmosphère embaumant la naphtaline, The Good German est une œuvre résolument contemporaine.  Le code Hays n'est plus et Tobey Maguire (...) peut labourer Cate blanchett (...) Si la forme est séduisante, le jeu des acteurs convaincant, quelque chose tient radicalement le spectateur à l'écart. Les références et emprunts pullulent. (...) L'hommage prend des tournures de pillage ou de copie de tableau d'un magasin de déco. (...) Il émane de cet essai un souffle glacé. (...) Comme toujours, la sophistication et l'intelligence du réalisateur envahissent l'image (...)



Drôle de réalisateur, Steven Soderbergh, dont chaque film semble être le fruit d'une expérience (au sens où Resnais et Kubrick ont fait de chaque film le lieu d'une expérience unique), mais dont il ne reste au final qu'une pure surface plus ou moins arty, plus ou moins plaisante. Steven Soderbergh, à n'en pas douter, est un auteur, mais un auteur sans vision, dénué d'imaginaire et d'obsessions fécondes. Le sens de la répétition, de la variation, c'est sans doute ce qui fonde un auteur et plus encore un cinéaste. Et ce qui finit par faire oeuvre. De ce point de vue, on retrouve dans The Good german cette même thématique d'un homme perdu dans un univers dont il peine à comprendre les rouages, comme c'était le cas de Jeremy Irons dans Kafka, Michael Douglas dans Traffic ou George Clooney dans Solaris. Mais quelque chose empêche ce simple thème de s'épanouir dans une forme (...) de se détacher de la simple anecdote pour trouver son sens profond. Le noir et blanc référencé de The Good german, c'est un peu comme la HD de Bubble ou les filtres colorés de Traffic : un sens de l'habillage (comme on fait de l'habillage d'émissions) et de l'ergonomie (les films de Soderbergh sont toujours confortables) qui ne vient jamais troubler ou provoquer le spectateur. (...)



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