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De: Céline Sciamma
Avec: Pauline Acquart, Louise Blachère, Adèle Henel


Site officiel:
http://www.myspace.com/pieuvres
IMDb:
http://www.myspace.com/pieuvres
CineNews:
http://www.cinenews.be/Movies.Detail.cfm?MoviesID=5807


bon

Naissance des pieuvres


Réaliste, parfois cru, ce premier film sur l’éveil de la sexualité adolescente va à l’essentiel pour porter un regard sensible et juste sur un âge délicat. L’écriture frontale (scénario et dialogues) n’empêche pourtant pas l’émergence d’une poésie inattendue. Original et prometteur. (...)



(...) Le sujet est tarte à la crème: mes premiers émois d'ado, mes boums de la lose, ma fidèle copine bouboule et ces garçons affligeants. Pourtant, Céline Sciamma se distingue du tout-venant, et scrute avec sensibilité son gynécée jusqu'au fond de la piscine, faux miroir des pieuvres à peine nées et d'une féminité dite idéale. (...) Les premières fois sont dénudées de tout embellissement nostalgique mais pleines de lames de rasoir, inextricable labyrinthe de glaces bleutées où le désir lacère comme un cutter, désir hésitant toujours entre lubie et substitut. (...)



(...) Il faut souligner la grande maîtrise des codes de couleur : le bleu de la piscine domine le film, bleu qu'on retrouve dans la lumière de l'aube des retours d'escapades ou de la fête finale, et il s'oppose au rouge de la boîte où Floriane entraîne Marie pour qu'elle soit le témoin de son déflorage. Il y a bien des maladresses dans ce premier film, et surtout ce premier film d'une scénariste, avec des choix de cadre, de mouvement ou de montage très intellectualisés, qui fait qu'on les regarde en se disant : "Tiens, elle a voulu nous dire ça". Mais ces maladresses sont aussi à l'unisson de celles de ses héroïnes et si elles peuvent parfois faire écran, jamais elles n'agacent. (...)



(..) Céline Sciamma se contente, comme on dit, de filmer platement son scénario, dépouillant ainsi son film de la moindre parcelle d'inconscient. D'où un objet gentil, qui anesthésie l'érotisme naissant des jeunes filles dont le corps est parfois exposé mais jamais vraiment problématisé. Ainsi de cette scène où une des filles se retrouve dans les vestiaires, nue devant un garçon : la réalisatrice semble aussi tétanisée que ses deux acteurs, incapable de sortir d'un très rudimentaire et tautologique champ-contrechamp. (...)



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