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De: Tony Scott
Avec: Denzel Washington, Val Kilmer, Paula Patton, James Caviezel


Site officiel:
http://dejavu.movies.go.com/
IMDb:
http://www.imdb.com/title/tt0453467/
CineNews:
http://www.cinenews.be/Movies.Detail.cfm?MoviesId=2998


bof

Déjà Vu


(...) Seule une séquence sort du lot : une poursuite entre un Hummer et un pick-up (...), qui a la particularité de se dérouler sur deux horizons temporels (...) Malheureusement, toutes les tentatives fun de paradoxe temporel qui auraient pu voir le jour semblent tuées dans l'œuf et le film, dans sa deuxième partie, quitte la route en choisissant le raccourci du voyage dans le temps et de perdre ainsi toutes les idées esquissées dans la première partie. (...) Au final, Déjà Vu est trop mou pour être un vrai Bruckheimer et pas assez abouti pour être un vrai Scott. On ressent à la sortie cette impression d'absence de saveur d'un film qui aurait pu décoller, mais qui finit par s'écraser dans la banalité. (...)

(...) derrière les gigantesques travellings et les mouvements rapides et amples de la caméra de Scott se cachent des invraisemblances à faire pleurer dans les chaumières... Le voyage dans le temps supposé difficile voire presque impossible dans un premier temps pour une simple feuille de papier devient possible pour Denzel Washington. Heureusement, parfois, le jeu sur le passé mêlé au présent via la vidéo permet à Scott de s'amuser en jouant sur des images complexes: la poursuite en voiture traditionnelle dans ce genre de film se transforme ici en un enchaînement spatio-temporel assez bien maîtrisé. (...)

(...) Conscient de s’être mis à dos une bonne partie de son public, Tony Scott avait besoin de (se) prouver qu’il pouvait raconter une histoire en se mettant au service de celle-ci, et féderer le public par sa mise en scène. La normalisation de sa réalisation témoigne d’une volonté de rationnaliser ses expérimentations pour ne pas faire sombrer son cinéma dans l’autisme de l’auteur qui se regarde le nombril. (...) Déjà Vu est empreint de la patte d’un Tony Scott qui n’a pas ici d’autres prétentions que de divertir, et en cela remplit son contrat haut la main. (...) Déjà Vu s’impose comme le film du samedi soir idéal, divertissant et emballé avec suffisamment de conviction pour emporter l’adhésion. (...)

(...) C’est Orphée descendant aux Enfers chercher Eurydice. C’est Minority Report, de Steven Spielberg, où l’on arrêtait les tueurs avant qu’ils ne tuent. Et c’est aussi, plus curieusement, un rêve secret de l’Amérique : revenir en arrière pour empêcher les catastrophes. Empêcher les attentats terroristes, empêcher l’ouragan Katrina, dont on voit encore les ravages ici, car Déjà vu a été tourné à La Nouvelle-Orléans. Le flic Denzel Washington ne parle évidemment pas des états d’âme de son pays. Il fait juste son boulot de héros. Mais, derrière ce spectacle qui peut faire un honnête passe-temps, tout l’inconscient américain est au travail.

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