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De: Cristian Mungiu
Avec: Anamaria Marinca, Laura Vasiliu, Adi Carauleanu, Alexandru Potocean, Vlad Ivanov, Luminita Gheorghiu


Site officiel:
http://www.4months3weeksand2days.com/
IMDb:
http://www.imdb.com/title/tt1032846/
CineNews:
http://www.cinenews.be/Movies.Detail.cfm?MoviesID=5650


très bon

4 Months, 3 Weeks and 2 Days


(...) D'autres ayant déjà longuement glosé sur la légitimité de cette Palme, on se contentera pour notre part, une fois n'est pas coutume, d'applaudir le choix du jury de l'Education Nationale. Par la force universelle de son histoire, la jeunesse de ses deux protagonistes, ses qualités dramatiques, 4 mois, 3 semaines et 2 jours ne devrait pas manquer de toucher nos jeunes élèves, quel que soit leur niveau scolaire et leurs origines sociales. Par ses partis pris de mise en scène (le plan séquence, le jeu avec le hors-cadre…), tranchés mais jamais gratuits, il constitue un formidable support de sensibilisation aux possibilités du langage cinématographique. La mise en scène de Cristian Mungiu a ainsi l'immense talent de ne pas en rajouter dans le suspense ou le pathos, de ne pas sombrer dans le mélodrame ou le misérabilisme. Elle se contente de regarder la réalité (de la société roumaine de la fin du communisme, d'un avortement tardif) en face, à l'image de ce plan qui a fait jaser, et à la lumière duquel le titre du film s'éclaire : un foetus inanimé d'exactement… 4 mois, 3 semaines, et 2 jours.



(...) Tourné en décor naturel et constitué de longs plans-séquences, il prend son temps pour suivre l'avortement d'une jeune fille, 2 ans avant la chute de Ceausescu. Cette pratique fut interdite par le régime communiste, femme et médecin risquant la pison pour ce « crime ».  (...) Si l'image est propre, elle semble pourtant contaminée par l'environnement, sale et pauvre, dans lequel sont condamnées à évoluer ses héroïnes. Concentrant son récit sur les quelques heures précédant et suivant l'avortement, l'auteur établit une sorte de "temporalité réelle" qui prend toute son épaisseur dans la dernière partie. Légèrement éprouvé, comme l'héroïne, par une succession d'embûches plus bavardes que visuelles, mais très réalistes, le spectateur se retrouve alors dans les meilleures conditions pour offrir son empathie à l'excellente Anamaria Marinca. Dénuée de mièvrerie, cette sécheresse de forme s'impose peu à peu comme un choix évident et judicieux. (...)



(...) Avec ses plans séquences nerveux, ses interprètes en mouvement perpétuel (mention spéciale à l’électrisante Anamaria Marinca), ce film singulier, tout en tension, a emballé le jury du dernier festival de Cannes. (...)



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