zabla(dowski).org


De: Brian De Palma
Avec: Josh Hartnett, Scarlett Johansson, Hilary Swank


Site officiel:
http://www.theblackdahliamovie.net
The Black Dahlia:
http://www.imdb.com/title/tt0387877/
CineNews:
http://www.cinenews.be/Movies.Detail.cfm?lang=fr&MoviesID=3727


à jeter

The Black Dahlia


(...)  il semble qu’en poussant les couleurs sépias, pâles, parfois voilées, en jouant souvent presque d’une surexposition due au soleil écrasant de L.A., Brian De Palma, si il a su donner un air de Chinatown ou de L.A. Confidential, y a perdu un peu de sa superbe et de sa maestria, ne parvenant pas à nous passionner pour cette histoire de meurtre glauque et d’obsession des enquêteurs.  Et l’accélération finale ne dissipe pas ce malaise d’un film incomplet que l’on ressent au fur et à mesure de la vision. Car il manque quelque chose à ce Black Dahlia: au-delà des personnages forts, la sauce de l’intrigue ne prend pas. La complexité du récit, la multiplicité des sous-intrigues et des personnages en serait-elle la cause? Ou est-ce simplement un manque d’adéquation entre la mise en scène et le sujet? (...)



(...) ce Black Dahlia tout à fait raté tente de ramener à la vie l'univers fascinant du Film noir (...) le film s'effondre sous le poids des clichés dans lesquels il se vautre sans arrière-pensée. Ici, rien ne fonctionne et les rares sursis de vie animant la caméra de Brian De Palma ne dépassent jamais le niveau du vulgaire tape-à-l'oeil irréfléchi. Il faut dire que le réalisateur travaille à partir d'un scénario horriblement vaste et décousu, adapté d'un roman de James Ellroy (...) Les multiples personnages de cette histoire de meurtre entrent et sortent du film comme s'il s'agissait d'une maison de passe miteuse, une impression désagréable que le recours compulsif de De Palma à l'érotisme bon marché ne fait qu'accentuer.  (...) The Black Dahlia tourne à vide et dérape dans toutes les directions à la fois sans s'appliquer par quelque moyen que ce soit à entretenir notre intérêt. (...) The Black Dahlia n'est qu'un pastiche superficiel sans charpente. Alors que le plan était autrefois plein de sens chez De Palma, son architecture semble aujourd'hui totalement arbitraire et artificielle. (...) Les plans-séquences ne racontent rien alors que le montage, autrefois la force d'une oeuvre marquée par l'art du rythme, s'étouffe dans une surenchère de fondus au noir peu fluides et de transitions biscornues.  (...)

(...) Brian De Palma n’offre pourtant aucune réflexion et reste des plus plats et des plus "premier degré". Il joue et rejoue de toutes les ficelles et de tous les mythes de l’Amérique des années 40. Utilisant force studio, costumes, fards en tous genres, il grossit tous les traits d’une histoire qu’il complexifie à loisir. (...) Brian De Palma se borne à créer un univers aussi fumeux qu’enfumé  (...)

(...) Platement glamour, rétro à fond, inégalement captivant. Le meilleur se niche peut-être dans le grotesque horrifique, du côté des seconds rôles (mention spéciale à Fiona Shaw). Sinon, on est surpris que Brian De Palma, d’habitude souverain sur la question du rythme, puisse donner cette impression d’un film à deux vitesses : l’une, plombante, qui s’attarde sur des choses superflues, l’autre qui survole soudain l’action en bombardant des infos à peine compréhensibles. Il se dit d’ailleurs que le réalisateur aurait été contraint de mutiler son film d’une demi-heure. Inutile d’aller chercher plus loin.

Vous pouvez lire également au sujet de ce film Portes-drapeaux dans le Journal de bord de Zabladowski

Du même niveau