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De: Darren Lynn Bousman
Avec: Tobin Bell, Shawnee Smith, Dina Meyer


Site officiel:
http://www.saw3.com
IMDb:
http://www.imdb.com/title/tt0489270/
CineNews:
http://www.cinenews.be/Movies.Detail.cfm?MoviesID=4654&lang=fr


à jeter

Saw III


Enième retour du tueur au puzzle, héros de l’une des franchises les plus nulles de l’histoire du cinéma d’horreur. Les principes, rappel : le scénario est une suite de saynètes où un masque en pâte à sel lance des défis à ses victimes qui choisissent entre une mort certaine ou une automutilation corsée (...) La mise en scène consiste en un pot pourri des pires effets clipesques (ultra-découpage, accélérés, sampling d’hurlements) et respecte la sensibilité du spectateur (jeune, boutonneux, qui écrit des poèmes gothiques après minuit à la lumière d’une bougie noire) en laissant hors champ l’horreur proprement dite. La photographie est une copie carbone de Seven, film étalon des créateurs de Saw qualifiant le coup de bluff final de "un truc de ouf". Le casting réunit les pires acteurs d’Hollywood : troisièmes couteaux, bimbos fatiguées, ringards bons pour l’hospice. A l’exception de Tobin Bell, qui joue le tueur fou (...)

(...) Saw III débute là où Saw II s’était achevé (quelle formule quand même hein !). Eric Matthews (Donnie Wahlberg, rescapé des New Kids On The Block) est enchaîné par le pied. Plutôt que de logiquement se scier le panard, il opte, pour un écrabouillage de la cheville façon purée à l’ancienne. Le ton est donné. On est parti pour 107 minutes d’os apparents, de giclées (c’est peut dire) de sang obscènes et de sévices plus tordus que le nez de Rossy de Palma. On a bien compris qu’il n’est plus vraiment question de mettre en place un scénario, mais de montrer un max de casse-têtes étiquetés boucherie susceptibles de retourner l’estomac du spectateur. Moins cohérent que les deux autres, Saw III frise parfois le ridicule. Les quelques tentatives maladroites entreprises pour donner de la profondeur aux personnages, par des dialogues sous vide et des flash-back niais font carrément marrer. L’inévitable révélation finale laisse de glace (...)

(...) On n’a jamais été si proche de dégobiller sur son voisin que devant Saw 3, du bien nommé Darren Lynn Bousman. Haut-le-cœur qui s’expliquent par la combinaison de trois facteurs : 1/ l’avalanche de scènes répugnantes (trépanation à la disqueuse, noyade dans une purée de porcs avariés), 2/ le montage stroboscopique (comme absence de style) 3/ les relents moralisateurs nauséabonds de cette nouvelle énigme du tueur au puzzle. (...)

(...) Beaucoup veulent devenir réalisateur. Un certain nombre (mais moins nombreux déjà) veulent faire des films. Bousman, lui, ne fait pas le même métier. Bousman, son truc, c’est de réaliser les Saw. Déjà deux à son actif avec celui-ci, soit, pour nos lecteurs mal-comprenants : Saw 2 et Saw 3 ! Réalisateur de Saw, métier d’avenir. École de réalisation de Saw. Professeur de narration Saw. Et un jour, producteur de films Saw, voire distributeur de films Saw. À lui tout seul, Saw c’est le cinéma, inutile de lutter. (...) Quoiqu’il remplisse encore largement les salles (ce qui me fait pronostiquer qu’on peut encore compter sur deux sorties ciné et une direct-to-video, c’est-à-dire qu’on va aller jusqu’au Saw 6 qui ravira les journalistes en mal de sarcasmes et de jeux de mot, mais vous savez ce n’est pas mon cas, avec des titres d’articles tels que "Saw 6 de Merde" ou "Le Boudin à la Bousman !"), Saw 3 était tout à fait évitable. La presse commence un peu à se lasser, et même dans le public, ça commence à râler tellement que je me suis dit que j’allais enfin voir un gros nanar, et pas seulement un truc nul. (...)

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