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De: Rachid Bouchareb
Avec: Jamel Debouzze, Samy Nacery


Site officiel:
http://www.indigenes-lefilm.com/
IMDb:
http://www.imdb.com/title/tt0444182/
CineNews:
http://www.cinenews.be/Movies.Detail.cfm?MoviesID=3243&lang=fr


à jeter

Indigènes


(...)  en matière de spectacle, et de ce point de vue ce film est bien français, on n'est guère servi et l'ennui guette. Indigènes semble avoir plus puisé son inspiration, ou son manque d'inspiration, dans Le jour le plus long, avec moins de moyens, que dans Le soldat Ryan.  Qui plus est, difficile d'adhérer avec des acteurs dont la crédibilité est rare, ce qui pour un film de guerre est tout de même peu flatteur. A moins de considérer Jamel Debbouze comme un soldat crédible, bien qu'ayant la main éternellement dans la poche (...) Mais, dira-t-on, ce qui compte, c'est d'abord "l'oeuvre de mémoire" de ce film. La presse, Libération en l'occurence, a même relaté l'émotion qui paraît-il aurait saisi le couple Chirac en le voyant. C'est peut-être ce public-là qu'on appelle en marketing le "coeur de cible"? Ce qui expliquerait, pour parler franc, une certaine ringardise?   (...) Mais, pour en revenir au film, tout d'abord, la volonté de défendre une thèse n'oblige pas à faire des films dépourvus de nuance. Or, ici, les "héros" relèvent des standards de la bande dessinée plus que ceux de la vie. Le film ressasse quelques sentiments forts, et s'en satisfait tout à fait. Drôle de mémoire. (...)

(...) Le seul point d’Histoire a failli me faire pleurer, quand notre président a augmenté les pensions, sans bien sûr payer les arriérés ! Comme quoi ce n’était pas si dur ! Une vraie honte, doublée d’un scandale (depuis le temps que ça traîne...), et qui doit donner des envies de suicide aux pauvres vieux concernés, qui s’aperçoivent que le combat de reconnaissance qu’ils ont mené et qui a été justement soutenu par des dizaines d’associations, d’intellectuels, d’historiens, de juristes, etc. (c’est-à-dire des centaines de gens spécialistes dans leur domaine, les plus grands cerveaux de France, les plus compétents), n’a eu aucun effet, strictement aucun. Alors que les producteurs de ce film, eux, ont obtenu tout, et en plus ont pu choisir le jour de l’annonce de la Bonne Nouvelle : le samedi avant la sortie du film, comme par hasard.  C’est gros. C’est énorme. Mais tout le monde applaudit. (...)  Mais cessons de parler de faits de société ! Ce n’est pas l’endroit ! Indigènes est simplement, encore une fois, un téléfilm Z ! Rien de plus !

Avouons le avant que ça ne devienne impossible : on est assez sidéré par la faible ambition artistique d’Indigènes, un film bien plus télégénique que cinématographique, et qui n’a de raisons d’être en compétition que pour bénéficier de l’effet médiatique inhérent à l’évènement. (...)  Un pronostic : Un Sept d’or. "Un prix ? Elle n'est pas là, notre bagarre, rétorque Jamel Debbouze. Là où on s'est battu comme des lions, c'est pour sortir ce film de terre."

(...) Avant même sa sortie, le film est déjà promis au box office français. Pour en arriver là Rachid Bouchareb et Djamel Debbouze se sont plié en quatre pour boucler leur budget. L’Express raconte leur aventure dans son édition du 21 septembre. (...) Claude Bébéar, patron français, dirigeant de l’Institut Montaigne (créé pour diffuser des idées libérales) a fait jouer ses réseaux auprès du patronat français.  Pierre Méhaignerie, ancien ministre, député UMP a permis un financement par l’Assemblée nationale. Philippe Douste Blazy a aussi donné un coup de main, en échange d’une photo de presse aux côtés de Djamel Debbouze. Une proche de Nicolas Sarkozy a aussi proposé à Debbouze de poser avec le ministre (il a quand même refusé), mais le ministre est intervenu pour obtenir le soutien de la région Alsace dirigée par un ami à lui. Idem pour Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d’Ile de France.  Enfin, Jacques Chirac ému par le film va annoncer le relèvement des pensions des anciens combattants coloniaux oubliés par la France. C’est également une bonne publicité. Quant à Mohamed VI, roi du Maroc, il a mis au service de son ami Debbouze la région de Ouarzazate ainsi que 500 soldats pour le tournage du film. (...)

Vous pouvez lire également au sujet de ce film Portes-drapeaux dans le Journal de bord de Zabladowski

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