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De: Clint Eastwood
Avec: Ryan Philippe, Jesse Bradford, Adam Beach


Site officiel:
http://wwws.be.warnerbros.com/flagsofourfathers
IMDb:
http://www.imdb.com/title/tt0418689/
CineNews:
http://www.cinenews.be/Movies.Detail.cfm?MoviesID=4195&lang=fr


bon

Flags of our Fathers


(...) Deux films, deux points de vue. Après Mémoires de nos pères, qui traite de la sanglante bataille sous l’angle américain, viendra en janvier 2007 Lettres d’Iwo Jima, un film jumeau attaché à la facette japonaise des événements. (...) Pas de place pour le manichéisme ou la propagande (...) Il faudra donc voir le second film pour peser le tout et finaliser un jugement. Est-ce pour cela que ce premier opus du diptyque n’est pas totalement efficace et laisse comme un goût d’inachevé ? (...) En tout cas, il souffre de quelques arythmies et d’un point de départ maladroit. Inspiré d’un livre de James Bradley, (...)  Mémoires de nos pères suit ce personnage en quête de vérité. (...) Logique, ce prétexte narratif n’en est pas moins de trop. (...) Nul besoin de narrateur pour comprendre le sens des enjeux exposés. Le sens de l’image et du non-dit de Clint Eastwood aurait suffit pour limiter l’explicite. (...) En revanche, l’alternance entre les scènes de combat et le retour à la vie civile tombent juste. Quelques plans en contraste en disent plus que de longs discours. (...) Incisif sans jamais tomber dans l’excès, le film taille un costard étroit à la manipulation médiatique et aux manigances politiques. (...)

(...) malgré d’indéniables qualités formelles, Mémoires de nos pères ne parvient pas à répéter le miracle de Million Dollar Baby. Le jeu de dominos mis en place par Paul Haggis sur le plan narratif dilue l’émotion et empêche le film de prendre son envol. Plusieurs fois, le film change de point de vue et les nombreux flash-back accentuent l’impression d’éparpillement. Très scolaire, la copie s’avère même par moments indigeste quand on revient sur le personnage de l’écrivain, délaissé dès la première bobine, pour le retrouver au chevet de son père malade et forcer ainsi l’implication émotionnelle du spectateur. Le propos est précieux, mais asséné sans délicatesse. (...) Néanmoins, Mémoires de nos pères est jalonné de scènes magnifiques – Clint Eastwood n’a pas perdu son art de cinéaste. (...)



Parmi les qualités premières de Million Dollar Baby, pour ne citer qu’un (bon) film de Clint Eastwood, on trouvait un solide sens du récit et la faculté de dépasser l’anecdote pour atteindre un propos et une vérité universels. Les deux manquent à Mémoires de nos pères. Côté récit, on jurerait que les scénaristes, (...), ont mal numéroté les pages du script. Leur méli-mélo confus entrecroise présent, passé et plus-que-parfait, au point d’annihiler une à une toutes les vertus dramatiques potentielles (...) Comme souvent, l’échec esthétique est lié à un grand flou idéologique. (...) Si Eastwood a plus de sympathie pour les militaires que pour les politiques qui les exploitent indûment, il ne condamne pas véritablement la manipulation faite au nom de l’effort de guerre. La critique est faible – singulièrement à l’heure où d’autres soldats américains meurent, en terre étrangère, au service d’une idéologie douteuse… (...)

Vous pouvez lire également au sujet de ce film Portes-drapeaux dans le Journal de bord de Zabladowski

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