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De: Martin Campbell
Avec: Daniel Craig, Judi Dench, Eva Green, Mads Mikkelsen, Jeffrey Wright


Site officiel:
http://www.sonypictures.com/movies/casinoroyale
IMDb:
http://www.imdb.com/title/tt0381061/
CineNews:
http://www.cinenews.be/Movies.Detail.cfm?MoviesID=3061


moyen

Casino Royale


(...) C'est vrai qu'il assure, Daniel Craig. Mine renfrognée, corps-granit, il impose au personnage une virilité brutale, primitive, qui sied parfaitement aux intentions déniaiseuses du film. Craig porte en lui une mélancolie refoulée, une classe d'aventurier à la Nick Nolte, au fond plus américaine que britannique. Voilà ce qui fait la force Casino royale : se contenter d'insuffler une vigueur nouvelle à une partition dont on oublie sciemment quelques notes (exit les gadgets). Le choix de Martin Campbell va dans ce sens. Ce John MacTiernan de poche, déjà signataire de la renaissance du mythe il y a dix ans (Goldeneye), dégraisse comme il peut. On peut lui attribuer les morceaux de bravoure, plus chaloupées et plus souples que d'ordinaire. (...)  Reste l'introspection du mythe, que le film déploie via une étude de caractère. On y voit Bond succomber à l'amour, avant de se claquemurer dans la dérive machiste qui fera sa légende. D'un coup, le film bafouille, hésite entre la distance et la plongée intimiste, traîne en longueur en de longs plans creux et bizarrement sérieux (...). Martin Campbell ne sait plus faire. Sa grâce de bon faiseur s'efface devant la lourdeur et la rigidité de l'univers bondien, conçu pour le cinéma mais pas pour l'excellence. 007, c'est un peu comme l'URSS après la chute du mur de Berlin : à la moindre fêlure, c'est l'éclatement en bonne et due forme. (...)

(...) Casino Royale n’est ni plus, ni moins, qu’une déconstruction du mythe pour mieux pour le reconstruire ensuite. Une sorte de James Bond Begins en sorte. Si la volonté est louable, le chemin pour y parvenir est hélas semé de quelques embûches que le film se mange méchamment. La faute à un récit qui se prend parfois les pattes dans le tapis à force de vouloir coller à un schéma type.  (...) Les scènes à Venise sont un ramassis de poncifs réalisées de manière si outrancière que l’on pourrait se croire dans Austin Powers. (...) Casino Royale est le meilleur film d’action de cette année. Dans ce domaine, Martin Campbell n’est pas un génie mais reste un habile artisan capable de trousser un spectacle tout à fait correct pour ne pas dire franchement jouissif. (...)



(...) Ce n'est pas tant sa tignasse blonde, son regard bleu ciel, ou sa tronche un peu patibulaire qui marque la différence (quoique...), mais plutôt le lifting opéré sur le personnage. En lieu et place du torse velu de Brosnan, un mâle bodybuildé en froid avec la délicatesse, comme le souligne expressément les premières dizaines de minutes du film. Celles-ci, pas bégueules sur la surenchère, retrace la course poursuite effrénée (pas de mot plus fort) entre un James sans foi ni loi et un terroriste n'ayant rien à envier à un Yamakasi. De quoi mettre dans le bain direct : James Bond 21ème du nom sera explosif, où ne sera pas. (...) D'un scénario peu intellectuel, ou en tout cas loin d'être limpide, Campbell tire l'une des plus impressionnantes démonstrations techniques de ces dernières années, repoussant sans cesse les limites de la cohérence et de l'inventivité pour livrer LE film d'action du moment. (...)

(....) On pouvait craindre qu’après la profusion de numérique dans Meurs un autre jour, la série s’embourbe dans l’énorme et l’impossible. En choisissant la voie contraire, celle d’un certain réalisme, les producteurs en retrouvent l’essence, celle d’un romantisme tordu où la mort côtoie en permanence les émotions et le sexe (...). Pour autant, le personnage risque d’y perdre sa singularité. Proche du Jason Bourne de La Mort dans la peau ou du Jack Bauer du feuilleton 24, cet agent secret-là gagne en poids physique ce qu’il perd en cynisme et humour à froid. (...)

La chanson de Casino Royale a enfin été divulguée. Et ce n'est pas merveilleux du tout. C'est même plutôt piteux. (...) La chanson écrite, composée et interprétée par Chris Cornell, leader de Soundgarden et Audioslave, est catastrophique.  Avec son refrain-titre minable (You know my name) et sa voix gueularde, on en viendrait presque à pleurer, tellement elle ne ressemble à rien. (...)



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