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De: Alejandro González Iñárritu
Avec: Cate Blanchett, Gael García Bernal, Brad Pitt


Site officiel:
http://www.babelmovie.com
IMDb:
http://www.imdb.com/title/tt0449467/
CineNews:
http://www.cinenews.be/Movies.Detail.cfm?MoviesID=3058&lang=fr


bof

Babel


(...) Plutôt que faire quatre films, Iñárritu a choisi de n’en faire qu’un (c’est son projet). Problème, chaque partie ne se tient ni dans le tout ni en soi. Sauf peut être l’histoire japonaise, parfois émouvante et qui aurait mérité un film à elle seule, le reste n’est que digression interminable pour arithmétique du propos global. Très vite plombant d’ennui, totalement prévisible et à renfort de justification scénaristique grossière ou de parti pris risible (...)

(...) Pur film de scénario, Babel pèche précisément par son dispositif artificiel et son chantage permanent à l'émotion. Trop fabriquée, l'écriture cloisonne le propos humaniste et politique, le réduit à une simple démonstration stylistique. Le film sait pourtant se faire aimer, qui vous tient par la main en permanence, de peur qu'on ne manque la morale de l'histoire. Autrement dit, la preuve magistrale de l'incommunicabilité et de l'intolérance entre les peuples.  (...) Pontifiant à souhait, Babel n'a pas besoin de l'intervention divine pour voir son bel ouvrage s'effondrer : il s'effrite seul sous nos yeux impuissants.

(...) Le réalisateur n’a rien démontré que nous ne sachions déjà avec un constat pessimiste que la plupart d’entre nous partagent mais il n’est pas allé assez loin : il a mis l’incommunicabilité en histoires, en images, en jouant sur les pleins et les vides, pléthore et carences : les cris et le silence, la mégapole et le désert, la surconsommation et la précarité, en montrant qu’on arrive à la solitude des nantis et à la solidarité des démunis, donc à une communication inversement proportionnelle aux moyens de communication. (...) Les images sont belles (...) bien qu’il greffe facilement quelques cartes postales superflues (...) cela tout le long du film, ce qui devient vite un procédé, une démonstration permanente un peu lourde, voire moralisatrice. (...) Dans l’ensemble, des trois films du réalisateur, c’est le plus grand public, il n’y a pas de longueurs, on s’attache aux personnages, c’est surexplicatif pour les distraits (...) le problème avec ce genre de films d’un auteur visant un public plus large, c’est qu’ils sont souvent perçus comme trop commerciaux pour les cinéphiles et trop auteuristes pour le grand public (...) Les puristes préféreront 21 grammes, c’est certain…



(...) Je fais la grève aujourd’hui, mais la grève utile à mon lecteur ! Iñarritu va m’envoyer des mails en me disant que c’est lamentable, que je ne fais pas mon boulot, et pourquoi ça tombe sur son film, c’est malin, Babel va s’effondrer en deuxième semaine parce qu’il n’y aura pas eu de critique digne de ce nom sur Matière Focale, et patati et patata... (...)

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