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bof

99 Francs

Si 99 francs de Frédéric Beigbeder avait été un best-seller en son temps, son adaptation au cinéma par Jan Kounen, sept ans après, aura-t-elle le même succès ? (...) Rien n’est moins sûr. Entre temps, la rébellion anti-pub et l’altermondialisme branché ont fait long feu. La génération qui regarde la télé sur son ordi a autre chose à faire que casser de la grande méchante multinationale. Elle préfère voir le très logoïsé Brice de Nice "casser" le premier type qui passe. Ou, pire, acheter les disques pseudo-parodiques (mais extrêmement juteux) du très friqué Michael Youn. Quant au "No logo" de Naomi Klein, elle n’en a heureusement jamais entendu parler. (...) Pourtant, à l’heure où Desplechin sévit encore et où les films de Rohmer circulent toujours en toute impunité, 99 francs demeure rafraîchissant. Jan Kounen, grâce à son goût pour la BD, les effets spéciaux, les sujets pop ou trash, devrait même être le réalisateur le plus cool de France. (...) Mais au lieu de devenir notre Tarantino national, Jan Kounen s’acharne depuis son premier et génial long-métrage, Dobermann, sorti en 1995, à trop vouloir en faire. 99 Francs, c’est comme Tropico, c’est trop. Trop d’idées visuelles, dont certaines déjà vue (...) à l’instar du roman, le film démarre très fort puis noie le spectateur dans un gloubiboulga comico-idéologique sans climax ni chute. Question cinéma, on en a pour son argent, mais à ce tarif on s’économiserait volontiers la petite morale de bobo moyen qu’on nous assène à la fin. (...)

bon

Control

(....) D'un photographe et réalisateur de clips, on craignait un film léché et maniéré. D'un biopic consacré au leader de Joy Division, on s'attendait à un film sombre et torturé. Attentes doublement contredites, et de quelle manière ! (...) Fidèle à son travail de photographe et, dans une certaine mesure, de vidéoclipeur, Anton Corbijn a le bon goût de ne jamais se départir d'une sobriété bienvenue, appuyée par sa marque de fabrique : le noir et blanc. Plus étonnant, le film, dans sa première partie, se présente quasi comme une comédie indé. (...) Toute la puissance de Control réside dans ce refus obstiné de cumuler dialogues et séquences lourdes de sens, de se construire comme une lente et inexorable marche vers le suicide. Le mal être, comme dans la vie, est dans les creux, se lit entre les lignes et ne naît pas d'incroyables et incessants tourments mais de l'ennui au quotidien, de la morosité et d'échecs (amoureux notamment) somme toute communs. (...)

bon

Naissance des pieuvres

Réaliste, parfois cru, ce premier film sur l’éveil de la sexualité adolescente va à l’essentiel pour porter un regard sensible et juste sur un âge délicat. L’écriture frontale (scénario et dialogues) n’empêche pourtant pas l’émergence d’une poésie inattendue. Original et prometteur. (...)

à jeter

Transformers

(...) on est venu voir des Transformers. Des putains de robots géants qui se mettent sur la gueule dans un éternel combat entre le bien et le mal. Qu'est-ce que tu as à nous emmerder avec leurs origines ou leur anatomie détaillée ? Si tu veux vraiment nous faire un C'est pas sorcier spécial Transformers, commence par expliquer comment une voiture sportive arrive à grossir autant qu'un robot de 60 mètres qui défonce des buldings. (...) Tant qu'on y est, pourquoi venir attaquer nos burnes avec des histoires d'humains qui ont emprunté leur sens de l'humour au Club Dorothée ? (...) Tout ce temps perdu t'oblige à torcher un Megatron tout pourri qui aurait pu se muter en arme de destruction massive, mais qui se transformera finalement en avion comme tout les autres, obligé de brailler "I AM MEGATROOOON" toutes les 5 minutes pour qu'on puisse le dissocier... (...)

bof

Die Hard 4

(...) le film est pas mal. John McLane doit escorter pour le compte du FBI un hacker (...), cible de terroristes high-tech menés par un ancien fonctionnaire révolté, un yamakazi en exil (...), un bellâtre italien et une asiat’ bomb kung-futeuse. Rien d’anormal, sinon que les bad guys ont derrière la tête le projet de crasher d’un coup tous les PC d’Amérique, plonger le pays dans le chaos et ramasser le pactole. A la fin, ils sont tous morts et c’est McLane qui gagne.  Nulle surprise, donc, et même l’argument Windows du terrorisme virtuel ne dépayse pas, tant il fait le miel de multiples séries TV et B. Au mieux, l’irruption des nerds (dont un, gentil, joué par Kevin Smith) dans une saga éternellement eighties, intensifie l’écart entre le côté chochottes en pantalon à pince du méchant violant la patrie à coups d’algorithmes et de passwords, et la morale berger des Pyrénées de McLane (du 100% fait main). Au pire, la surenchère envoie Bruce gagner aux poings face à un F-16 égaré dans un échangeur d’autoroutes. Cette disproportion entre la fin (vaincre les plus renégats des terroristes) et les moyens (la vénère attitude de Johnny) étant après tout l’un des ressorts de la franchise, on ne saurait en faire le reproche à Len Wiseman. Nulle surprise, mais un action movie assez plaisant (...) 

très bon

4 Months, 3 Weeks and 2 Days

(...) D'autres ayant déjà longuement glosé sur la légitimité de cette Palme, on se contentera pour notre part, une fois n'est pas coutume, d'applaudir le choix du jury de l'Education Nationale. Par la force universelle de son histoire, la jeunesse de ses deux protagonistes, ses qualités dramatiques, 4 mois, 3 semaines et 2 jours ne devrait pas manquer de toucher nos jeunes élèves, quel que soit leur niveau scolaire et leurs origines sociales. Par ses partis pris de mise en scène (le plan séquence, le jeu avec le hors-cadre…), tranchés mais jamais gratuits, il constitue un formidable support de sensibilisation aux possibilités du langage cinématographique. La mise en scène de Cristian Mungiu a ainsi l'immense talent de ne pas en rajouter dans le suspense ou le pathos, de ne pas sombrer dans le mélodrame ou le misérabilisme. Elle se contente de regarder la réalité (de la société roumaine de la fin du communisme, d'un avortement tardif) en face, à l'image de ce plan qui a fait jaser, et à la lumière duquel le titre du film s'éclaire : un foetus inanimé d'exactement… 4 mois, 3 semaines, et 2 jours.

bon

The Bourne Ultimatum

(...) Dans ce troisième volet, on retrouve le mélange qui a fait la réussite de la série : de l’action brute, sans palabre, inscrite dans le réel, le tout baignant dans une constante paranoïaque. Avec cette fois, après les surprises de la découverte, une impression marquée de routine, de recette éprouvée. (...) Fidèle à lui-même, Paul Greengrass, déjà aux commandes du second opus des aventures de Jason Bourne, nous rejoue le coup de la caméra à l’épaule. On retrouve donc cette tension si efficace entre l’hyperéalisme de la représentation et l’hypertrophie de l’action, toujours terrestre, physique, lourde. Les plans semblent comme volés, pris sur le vif au milieu d’une foule étrangère à ce qui se déroule sous ses yeux. (...) Et Jason Bourne dans tout cela? Et bien, il fonce comme à son habitude, tel un chien dans un jeu de quilles. Seul face à l’empire, il va en détraquer la belle mécanique à coup d’actions. (...)

bon

2 days in Paris

(...) Avec ce deuxième long métrage en tant que réalisatrice, elle se lance dans un cinéma "à la Woody Allen", légèrement caustique, bavard mais dialogué du tac au tac, avec une certaine poésie et de l'humour dans un sujet très social... (...) Bien sûr, une certaine maladresse entache de temps à autre la mise en scène ou le récit mais on appréciera chez Julie Delpy un sens du rythme, une dynamique de la réalisation qui fait de son 2 days in Paris un moment plein de charme, vivant même si parfois un peu désuet ou caricatural.

moyen

Persepolis

(...) Persepolis déçoit d’abord par cette narration, et par l’illustrationnisme ultra de sa mise en scène inféodée au texte et à la chronologie, ce que le procédé narratif de flash-back en guise de cache-sexe n’arrivera pas à cacher. (...) Là où le film quitte le domaine de l’insignifiant pour rejoindre les toilettes (...), c’est dans le propos et la démarche, qui là sont vraiment insupportables, pas autant dans le fond que dans la forme proprement et banalement scandaleuse (...) une fois de plus, moi, vous et tous les autres ploucs de la Terre sommes pris encore pour des élèves de troisième à qui il s’agit de faire bien apprendre la leçon qui, au final, se résume à une énième (di)vision hollywoodienne d’un sujet forcément à thèse (...) de l’émotion mélodramatique omniprésente et exploitée exactement de la même manière qu’une comédie (romantique ou pas) avec Richard Gere, du rire doux-amer convenu tel qu’on en trouve dans 93% des films art et essai (...), absence de paradoxe et d’humour (...), et cet incroyable moralisme, cette vision correcte, ce « voilà ce qu’il faut retenir », asséné comme de juste sur un ton d’instituteur ou de catéchisme, c’est proprement insupportable. (...)
 

bon

London to Brighton

(...) Du gore du glauque mais pas du glamour… Entre prostitution, meurtre et pédophilie, London to Brighton tente d’ausculter la misère sociale britannique. Pour son premier long métrage Paul Andrew Williams filme la face cachée de Londres et de Brighton : excès, démence et brutalité. Seul vrai refuge contre cette frénésie, le lien d’affection qui se tisse entre Kelly, mère de substitution, et Joanna, la fillette fugueuse. Bien plus suggérée que directement représentée, la violence est subtilement filmée (...) Malgré un dénouement un tantinet moraliste, c’est avec brio que ce cinéaste parvient à égaler le talent de ses confrères britanniques. (...)


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bon


moyen


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à jeter


à vomir