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Troisièmes


Pirates of the Caribbean: At World's end

Spider-Man 3

Cela doit être dur d’être un gosse de nos jours. Alors que la pratique tend à prouver que les enfants d’aujourd’hui sont effroyablement impatients et n’arrivent même plus à encaisser la durée d’un voyage à la côte s’ils n’ont pas leurs consoles ou leurs lecteurs DVD portables, les films qui leur sont destinés, sont incroyablement longs. Où est passé le respect de la sacro-sainte règle du bon petit film de 97 minutes?

Les troisièmes opus de Spiderman et des Pirates des Caraibes en sont une nouvelle fois une magnifique illustration. Le premier vous emmerde profondément pendant 156 minutes et le second vous fait bâiller pendant près de 168 minutes. Je ne comprends vraiment pas comment ils arrivent à s’enfiler de tels pavés sans sourciller. Il y a un truc qui m’échappe et je vais commencer à croire que les multiplexes coupent leurs litrons de coca aux calmants.

Si au moins ce culte de la longueur était au service d’une histoire touffue et captivante, je pourrais comprendre. Las, les scénarios de ces films sont directement transposables en jeux vidéos. On est toujours face à un amoncellement des scènes d’actions à la difficulté croissante. Le tout est entrecoupé de scènes barbantes et terriblement verbeuses, permettant au processeur de votre console de refroidir quelque peu vu qu’il a bien trop chauffé pour rendre les phases d’action précédentes.

Il y a cependant deux trucs à sauver. Contrairement à Spiderman dont même les effets numériques semblent avoir été directement taillés pour sa déclinaison en jeux vidéos, les effets spéciaux des Pirates des Caraïbes en foutent vraiment plein la vue. "L’argent engrangé par les précédents épisodes se voit à l’écran et ça fait plaisir", comme le résume bien le Xav-b.log. Par contre, Spiderman a pour lui des idées assez anachroniques franchement risibles. Comme le fait remarquer Les critiques clunysiennes, "Peter Parker parcourant les rues de New York au guidon de sa mob" ressemble à un "lointain cousin d’un personnage des frères Dardenne" et "peu importe qu’à une époque où même un mineur chinois possède un téléphone portable, notre héros reste tributaire du taxiphone de son palier."

Reste encore un paradoxe fort amusant à constater. Avec Spiderman 3, Sam Raimi qui, pour rappel, vient du cinéma d’horreur, signe le film que Disney crèverait d’envie de produire. On n’a jamais vu pareil étalage de bons sentiments. Chez Spiderman, tout le monde est gentil et les méchants le deviennent contre leur gré. Il n’y a pas de tués dans Spiderman 3 et si un personnage meurt, il aura eu au préalable l’occasion d’effectuer une action bienfaitrice ou de lâcher quelques mots bien moralisateurs. Dans Les Pirates des Caraibes, pourtant produit par Disney, la morale vole au placard. Le troisième épisode commence par la pendaison d’un enfant! Certes, c’est suggéré et l’enfant est pendu en chantant, mais il y a tout de même un enfant pendu! Les héros sont tous hypocrites et auront tous l’occasion de faire un coup de pute à leurs compagnons de route. Les morts défilent par paquets de dix. C’est dingue et après on va encore s’étonner lorsqu’un gosse de dix ans abattra d’un coup d’épée son compagnon de classe.

Le post-rock est mort, vive le post-rock!


Battles - Mirrored

Apse - Spirit

Do Make Say Think - You, You’re a History in Rust

Il y a peu, l’excellent blog Bon pour les oreilles rappelait qu’il y a dix ans, sortait le premier album de Gospeed You! Black Emperor, "un disque qui ne ressemblait à aucun autre dans la galaxie rock de l’époque". Il était composé de "deux titres qui s’étendent du murmure à la rage, de l’harmonie à la dissonance", faits "de cordes, de l’électricité, d’hymnes urbains pour des rêves décharnés". "A ce moment-là, on ne parlait pas encore de post-rock." Si vous ne connaissez pas GY!BE, on vous invite à parcourir l’article pointé, il est parsemé d’enregistrements live qui vous permettront de découvrir la chose. L’auteur de l’article conclut : "Aujourd’hui, le fantôme de Godspeed You! Black Emperor plane encore sur la toile. D’un forum à un webzine, on canonise, on fantasme, on regrette. Les groupes périphériques au collectif canadien donnent la fâcheuse impression de tourner en rond". Le post-rock "accouche sans cesse de décalques prévisibles, drainant à sa suite une cohorte d’admirateurs, de croyants en cette hypothétique ère de l’après rock". "Seuls Do Make Say Think et Fly Pan Am semblent dignes d’intérêt".

Ici, on est d’accord avec cette analyse. L’année dernière, nous écrivions dans les colonnes de Pinkushion à l’occasion de notre compte-rendu sur la précédente édition du festival de Dour que "force est de constater qu’avec les Godspeed You! Black Emperor, tout a été dit déjà, et que les canadiens, par leur énorme ambition, ont tué dans l’oeuf tout un mouvement musical." On pense également que Do Make Say Think fait figure d’exception. A ce nom, on rajouterait aussi volontiers APSE. Do Make Say Think se distingue de la concurrence par son ton légèrement plus joyeux et sa capacité "de jouer sans filet avec les fils cassants qui relient le jazz, le folk, le rock et les musiques expérimentales" (dixit LesInrocks.com). APSE, lui, ne laisse pas indifférent avec son "album centré sur la rythmique et les percussions" qui "dégage quelque chose de tribal" (dixit Pop-Rock.com).

Ces deux groupes ont fait un crochet par la Belgique durant le mois de mai et ont confirmé tout le bien que l’on pensait d’eux. Do Make Say Think est un groupe très généreux et ses membres sont bien loin des autistes et autres tireurs de gueule professionnels que compte le genre. Leur set était d’une fluidité exemplaire qui fait plaisir à voir et à entendre. C’était plus difficile d’accrocher à celui d’APSE. Le groupe est jeune et un de leurs guitaristes arbore vraiment un look de crétin qui donne l’impression qu’APSE est en fait le Linkin Park du post-rock. Heureusement, le groupe a une énergie débordante. Le chanteur se démène comme si sa survie en dépendait. Cela arrache. La rythmique encore plus tribale que sur disque hypnotise. On pense aux prestations des Liars qui ont suivi la sortie de leur Drum’s not dead.

Battles, eux ne font pas du post-rock. Ils font du math-rock, c’est tout comme. C’est une musique pas très joyeuse et trop cérébrale. Comme l’indique son intitulé, le math rock est une musique mathématique. C’est basé sur des boucles. Cela pourrait être de l’électronique, mais comme les groupes dits math-rock jouent principalement avec des instruments organiques (guitare, basse, batterie, clavier), cela ne l’est pas. Vu que c’est basé sur des boucles, disons-le clairement, c’est souvent broute-couille. Battles échappe à la règle. Dans une critique vachement bien inspirée, K-web écrit que "si Battles se veut bien l’apôtre d’une musique ultra-technique à mille lieues de l’hédonisme rock’n’roll, par chance, il se garde bien de s’empaler lamentablement sur deux écueils minant inéluctablement le style" . Chez Battles, il y a une "véritable volonté de partager une émotion.". Cela se traduit par un sens du groove impeccable et un sens du rythme imparable.

Battles était également en Belgique mi-mai. Si le jeu du batteur a méchamment impressionné, le reste a laissé dubitatif. Le jeu du groupe repose principalement sur des boucles préenregistrées. Certes, c'est exécuté en direct, mais toujours est-il qu’au final, on n’a pas l’impression d’assister à une prestation live. Reste le plaisir de voir un groupe aussi sautillant que sa musique et un chanteur qui ressemble à s’y méprendre à un ex-voisin...

Têtes d'affiche


Wilco - Sky Blue Sky

Black Rebel Motorcycle Club - Baby 81

Amon Tobin - The Foley Room

J’aime bien écrire sur le festival de Dour. On peut faire plein de jeux de mots à la con. "Le Dour le plus long", "Dour de résister à une telle affiche", "Je ne n’ai pas assez d’endourance pour tenir les 4 jours"... Si vous en avez  des plus nuls, n’hésitez pas à nous les envoyer.

Pour sa 19ème édition, Dour fait un truc auquel il nous avait plus habitués depuis quelque temps. Il s’est doté de vraies têtes d’affiche. Exit les has-beens comme Front 242Bérurier Noir, Killing Joke, The Dandy Wharols qui donnaient toujours à l’affiche de Dour un petit côté de festival flamand de troisième zone, cette année, ce sont Black Rebel Motorcycle Club et Wilco qui se chargeront de jouer ce rôle honorifique. A défaut d’être de gros vendeurs et d’être des noms connus chez l’auditeur francophone belge, BRMC et Wilco offrent la garantie d’assister à des concerts pros qui ont vraiment de la gueule. Pour les avoir déjà vus, je sais de quoi je parle. Accessoirement, il y aura aussi Amon Tobin qui clôturera la programmation de la grande scène avec un de ses sets de DJ dont il a le secret, mais ça, on s’en bat un peu les couilles.  

Baby 81, le dernier BRMC, est une petite merveille d’efficacité. Après leur magnifique parenthèse folk qu’était Howl, les américains sont revenus aux bonnes vieilles guitares électriques et signent un lot de chansons bien rock n’ roll "tellement jouissives qu’on aurait peur de les user à force de se les passer en boucle", comme l’a bien imagé K-web. Si l’album ne fait pas l’unanimité chez les critiques, tout le monde s’accorde à dire que la plaque vaut le détour ne fût-ce que pour le morceau American X, décrit par Music Box comme un "morceau de bravoure long de ses 9 minutes et 11 secondes (une coïncidence, paraît-il)" . Ce titre-là, j’ai vraiment hâte de l’entendre en concert.

S’il y a des chances que vous ayez déjà vu passer le nom de BRMC, c’est fort probable que celui de Wilco ne vous dise absolument rien. Pourtant, pour la petite histoire, Wilco a déjà offert une ou deux fois des moments forts du festival de Werchter. C’est difficile d’aimer Wilco.  Esprits Critiques n’a pas tort quand il écrit qu’"ils sont américains et les autoroutes interminables et la musique qui va avec ne sont pas loin."  Heureusement, pour eux, il y a quelques années Wilco a eu l’excellente idée de s’acoquiner avec ce génie de Jim O’Rourke, l’ex-cinquième membre de Sonic Youth. Le résultat ne s’est pas fait attendre  puisque Jim O’Rourke a amené avec lui "toutes ses idées avant-gardistes", et ce, même si on n’avait jamais eu à reprocher au groupe d’être trop classique, "les sentiments dans la country, la folk et la pop relativement traditionaliste des premiers albums du groupe étaient loin d’être apaisés, et les arrangements étaient toujours à la limite de l’écroulement, du bordel complet", comme se plaît à le rappeler fluctuat.net. Hélas, on ne peut pas vraiment dire que le petit dernier, Sky blue Sky, continue dans cette lignée aventureuse, voire s’avère beaucoup trop convenu. A nouveau, fluctuat.net se montre fort inspiré quand il écrit que Wilco donne l’impression de s’être converti en "groupe de rock pour bureaux".  Télérama.fr nous apprend que Jeff Tweedy, la tête pensante de Wilco, s’est "enfin libéré de sa dramatique dépendance à l’alcool et aux analgésiques" et carbure "désormais au Coca Light (trente canettes par jour)". Ceci explique peut-être cela.  On se consolera cependant en admettant comme Exprits Critques que si d’autres groupes du genre "alternent le splendide et le pas emballant, la qualité est constante ici" et que si on aimait tomber dans les allégories, on écrirait comme Télérama.fr que les "harmonies" restent "enchanteresses" et les "envolées de guitares divines". Bref, il y a fort à parier que Wilco parvienne quand même à nous donner une petite leçon lors du prochain festival de Dour.

A gagner


Ed Banger Records - Ed Rec Vol. 2

Herman Düne - Giant

Digitalism - Idealism

Hot Chip - The Warning

Adult. - Why Bother?

Au cas où vous ne l’auriez pas compris ou remarqué, cette année, Zabladowski est un des nombreux partenaires du festival de Dour. Outre le fait qu’on met à leur disposition des km² d’espaces publicitaires et qu’on s’est engagé à publier une petite sélection subjective de l’affiche avant le festival et un compte-rendu après le festival, ce statut nous permet d’être généreux avec vous. Cette semaine, Dour nous a envoyé 5 CD à vous offrir. Pour en gagner un, répondez à la question correspondant à l’album que vous désireriez gagner. Vous trouverez la liste des questions ci-dessous. Les réponses se trouvent sur le site officiel du festival. Envoyez votre réponse à info (at) zabladowski.org en n’oubliant pas de nous donner votre adresse postale et de mentionner la question à laquelle vous répondez. Les gagnants seront tirés au sort. On clôture le concours le 7 juillet. Libre à vous de répondre à plusieurs questions, mais il n’y aura qu’un cadeau par personne.

C’est parti...

Pour gagner l’album Idealism de Digitalism, répondez à la question "Que devez-vous emmener avec vous pour passer un festival idéal?"

Pour gagner l’album Why Bother? d’Adult, répondez à la question "Où se trouve l’équipe médicale sur le site de Dour?"

Pour gagner la deuxième compilation du label Ed Banger, répondez à la question "Quels sont les groupes du label Ed Banger qui seront présents à Dour?"

Pour gagner l’album Giant de Herman Düne, répondez à la question "Où jeter vos déchets sur le site du Dour Festival?"

Pour gagner une compilation DJ-Kicks d’Hot Chip, répondez à la question "Combien de jetons faut-il pour acheter 100gr de bonbons?"

Dans les bacs


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