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Bilan de santé post-éléctoral

Il y a quelques mois, Laurent exprimait sa lassitude par rapport à la pauvreté des quotidiens francophones belges en période de congé. Il n’y a pas grand-chose à redire si ce n’est qu’on pourrait facilement étendre la critique à toutes les journées de l’année. La qualité des médias francophones belges est consternante. Mis à part les tabloïds comme La Dernière Heure qui, en visant ouvertement le sensationnalisme de bas étage, ont leur niche indiscutable, les autres font bâiller. On a toujours cette désagréable sensation de lire des communiqués de presse ou des dépêches AFP remaniées. Les entretiens sont toujours vidés de leur substance et réduits aux plus simples discours promotionnels complètement aseptisés. Le sens critique est laissé aux courriers du lecteur ou, dans le meilleur des cas, à des éditos faussement mordants.

Alors, heureusement diront certains, il y a l’alternative internet. Lors des élections présidentielles françaises, ce fut totalement délirant, car certains ont même vu dans l’avènement des blogs, l’émergence d’un 5ème pouvoir et la fin des médias traditionnels. Qu’on arrête de rire... Le jour où la ménagère de moins de 50 ans utilisera internet pour s’informer au lieu de l’utiliser à des fins mercantiles, RTL-TVI, La Dernière Heure et le TéléMoustique auront peut-être du souci à se faire... En plus, pour parler d’alternative, faudrait-il encore trouver un ton et un format alternatif sur internet. Si on peut effectivement trouver des trucs intéressants quand on touche à la politique et autres absurdités du genre, quand on cherche une alternative aux médias culturels traditionnels, là, le moins que l’on puisse dire, c’est que le bât blesse.

Depuis que la nouvelle version de Zabladowski a été lancée, les rubriques Dans les bacs et Sur les écrans ont cité 143 blogs, webzines ou Dieu sait quoi encore différents. On a essayé beaucoup de choses, du truc le plus obscur aux institutions "bobos". On a la prétention de penser que c’est un panel assez représentatif et qu’on peut se permettre de tirer certaines conclusions.

Alors qu’est-ce qu’on a constaté? En gros, trop nombreux sont ceux qui écrivent comme ils se masturbent. Ils écrivent pour se faire plaisir et ne se posent jamais la question de savoir si ce qu’ils racontent est assez sexy pour intéresser un lecteur. Rares sont ceux qui réfléchissent à adopter un format et un ton accrocheur.

Le plus marrant, c’est cette fascination que beaucoup ont pour la longueur. Pas mal de scribouillards sur le net aiment être verbeux. Fondamentalement, on n’a rien contre si cela apportait quelque chose, mais hélas, cette capacité à s’étaler est trop souvent mise à profit pour insérer des bios ou des synopsis qu’ils ont lu ailleurs ou pour disséquer un album titre par titre ou un film scène par scène. Hé, les gars, on ne vous a pas demandé d’écrire des dissertations! Nous, lecteurs, voulons juste savoir si un album est mauvais ou si un film est la merde sans nom que le bouche à oreille prétend qu’il est!

Las, là aussi, cela coince. Un paquet de tenanciers de webzines semblent avoir un tel souci d’exhaustivité qu’ils ne sont visiblement pas très regardants lors de l’engagement de collaborateurs potentiels. L’unité de tons et de styles, on n’en a rien à taper! L’effet le plus pervers de ce système de recrutement est que les chroniqueurs ne regardent tellement pas dans la même direction qu’il y en aura toujours un pour dire du bien sur un truc que personne d’autre dans la rédaction n’aimait. Il y a une chiée de webzines qui donnent l’impression qu’on vit dans une sorte de village dans les nuages animé par une industrie du divertissement bienveillante qui ne produit que des trucs "lumineux", "hors du commun", "prometteur", "impressionnant" et "remarquable de cohérence"... On en passe et des meilleurs. Bref, si tous ces concours de rédaction de louanges viennent vraisemblablement vraiment du fond du coeur, il n’en demeure pas moins que ce manque d’unité de ton rend ce genre de webzines plus consensuels que la presse traditionnelle. Vous ne vous rendez pas compte à quel point c’est difficile de trouver des billets qui égratignent les disques ou les films que l’on trouve indéfendables. Comme on l’a déjà souligné, la tâche est d’autant plus ardue si l’on souhaite s’attaquer à une référence préalablement iconisée par les médias traditionnels.

Si on comprend qu’en France où le paysage médiatique compte tout de même une petite dizaine d’acteurs de qualité, les tenanciers de webzines ne se rendent pas compte de l’intérêt de développer une vraie alternative, cela nous dépasse complètement qu’en Belgique francophone, personne ne cherche à utiliser internet pour remédier à l’absence d’une presse culturelle digne de ce nom. A part l’amuseur public et leader déviant qu’est Serge Coosemans, ce nouveau webzine qu’est K-web (dommage que son abus du K donne l’impression qu’il s’adresse à des débiles mentaux) et quelques blogs par ci et là, l’internet francophone belge est un petit désert insipide. Bref, pour le plus grand bonheur du Rassemblement Wallonie-France, ce n’est pas demain qu’on risque de s’affranchir de l’influence notre voisin français...

Dans les bacs


Sur les écrans


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