zabla(dowski).org


Toi aussi, tu peux être premier sur la hype!

Tu n’as pas la télévision, mais tu aimerais bien l’avoir? Tu aimerais bien tester un programme dont tout le monde va parler dans pas longtemps parce qu’il va peut-être bien révolutionner la matrice dans laquelle tu vis en ringardisant YouTube? Tu trouves que le nom "Joost" sonne bien?

Si tu réponds oui à une de ces trois questions, j’ai quelque chose qui pourrait t’intéresser.

Joost, c’est le nouveau jouet de Niklas Zennström et Janus Friis, deux scandinaves qui ont trop d’argent parce qu’ils ont revendu leurs deux précedentes "inventions", Kazaa et Skype, à un montant que tu ne peux même pas espérer gagner en 25 générations. Avec Joost, ils espèrent "révolutionner la télévision".

Libération a plus ou moins bien expliqué le bazar: "Pour regarder la télé sur Joost, le téléspectateur du futur devra suivre un rituel différent de l’actuel. (...) on se pose devant son ordinateur, on installe un programme (actuellement en test), et des "chaînes" s’affichent à l’écran. (...) A coups de souris, on peut se faire sa propre petite grille de programmes à mater à son rythme. De la vidéo à la demande, mais gratuite et à grande échelle. (...) Côté contenu, Joost n’a cependant rien à voir avec YouTube, le célèbre site d’hébergement de vidéos. Les programmes de Joost seront fournis uniquement par les professionnels de la profession, qui géreront leurs images à leur convenance. (...) Côté technique, Joost utilisera, comme KaZaa et Skype, une technologie P2P (peer to peer). Le téléspectateur recevra ses émissions non pas d’un serveur émetteur central, mais d’une multitude d’autres téléspectateurs regardant la même chose. Et chacun émettra en même temps vers les autres "télénautes". En fait, le programme est fractionné en morceaux de huit secondes. Du coup, aucun internaute n’a jamais la vidéo entière sur son ordinateur, une assurance supplémentaire pour les producteurs."

En pratique, Joost est un programme vraiment hideux avec lequel tu peux regarder plein d’émissions dont tu n’en auras rien à caler comme Total Recall 2070 ou un interview de Queens Of The Stone Age. Reste qu’il faut admettre que cela marche bien et qu’on sent que le jour où ce truc permettra de regarder la Star Academy, Desperate Housewives et des films de cul, les câblodistributeurs, Be TV, Belgacom TV et autre CanalSat n’auront plus qu’à trouver un cercueil à leur dimension. Quand on sait déjà que Viacom (MTV, Paramout Pictures) a signé avec Joost, on se dit que ce futur hypothétique est déjà pour demain.

Tout cela pour dire que j’ai des invitations pour tester Joost à donner. Les 5 premiers qui auront envoyé un joli mail à l’adresse info (at) zabladowski.org en seront les heureux bénéficiaires.

Carnet de commandes


The National - Boxer

Le prochain album de The National sortira dans un mois. Encore une fois, on va s’amuser à être premier sur la hype et couper l’herbe à tous les webzines que l’on cite allègrement en étant un des premiers à en parler.

Comme l’a si bien écrit l’écrivain Alec Hanley Bemis, "la musique de The National n’est pas facile à décrire, mais s’écoute très facilement. C’est un antidote pour les temps durs. Passez une heure avec Boxer, et vous en passerez encore bien d’autres".

The National est le groupe type que l’on chérit comme un auteur littéraire. Paul Auster pour le nommer. Est-ce parce que je l’ai surtout écouté tout en lisant son dernier bouquin? Il y a énormément de similitudes, c’est vrai. Dans le scriptorium n’est pas ce que l’on peut appeler le meilleur bouquin de l’auteur américain, Boxer n’est pas non plus le meilleur album de The National. Ceci dit, leurs dons de narration et de poseurs d’ambiance se retrouvent bel et bien réunis. Dans le scriptorium reprend tous les thèmes chers à l’auteur - l’enfermement, l’écriture, la culpabilité, le questionnement incessant, les relations sociales, sentimentales ou de pouvoir... - tout en revisitant toute son oeuvre passée. Cependant, il ne parvient pas à m’oter de l’idée qu’on dirait un livre de commande (surout somparé à son prédécesseur, l’excellent La nuit de l’Oracle). Je reste néanmoins toujours attaché à sa littérature et il reste l’un de mes auteurs favoris. Il en va de même de The National.

The National nous apporte plus que de la musique. C’est un état d’esprit, une philosophie, une manière d’être. Les New-Yorkais ne courent pas après le succès et tournent tels des artistes qui aiment leur métier et les défis plus que tout. En parlant de tournée, quiconque les a vus en concert a été ému de voir avec quelle hargne Matt Berninger peut faire vivre ce qu’il chante. Amateurs de U2, des Smiths ou de Tom Waits, mais ressemblant plutôt - de près ou de loin - à leurs contemporains de Tindersticks/I Am Kloot ("Il y a cette ambivalence douceur/violence permanente" comme ils le disaient dans un entretien sur Pinkushion), ils partagent avec ces derniers le même goût pour les chansons torturées, séquelles de leurs états d’âme et d’esprit. Et c’est ce qui est si touchant chez eux.

Boxer - rien que le titre est déjà tout un programme - reste bel et bien dans cette bonne vielle tradition, et on parcourt l’album comme celui de son auteur favori (sic). Mêmes thèmes - en gros, les tourments de l’âme à travers la vie ordinaire de tous les jours - et, surtout, même contenant - la voix grave et chaude de Matt Berninger, servie par une musique chaleureuse. Marrant de voir comme tout ce qui caractérise l’un peut tout à fait se prêter l’autre (Paul Auster a lui-aussi une voix très grave).

Depuis l’acclamé (entre autres par Bruce Springsteen) Alligator et la tournée qui a suivi, The National a fomenté un public en quête d’authenticité. Pour Boxer, recueil de titres plus apaisés - et proposés dans le sens inverse d’Alligator, c’est-à-dire du plus rock au plus soft - ils ont fait appel au compositeur australien Padma Newsome (Clogs). Des arpèges et des cuivres côtoient les guitares, la basse, les claviers, le piano et la batterie. On retrouve aussi Peter Katis, l’ingénieur du son qu’ils partagent avec leurs amis d’Interpol. Notons enfin que la tournée US couvre la première partie d’Arcade Fire.

Ceci dit, le coeur du groupe reste le même, et c’est donc l’ossature qui compte. Des titres à se pâmer, il y en a une flopée : Squalor Victoria et ses arpèges à se morfondre, Slow Show et sa déclaration d’amour ("You know I dreamed about you for 29 years before I saw you, I missed you for 29 years") sur des notes de piano nostalgiques, Racing Like a Pro ("Sometimes you get up and bake a cake or something sometimes you stay in bed sometimes you go la di da di da di da da"), le très U2 "Start a War"...

Comment peut-on ne pas craquer en écoutant ceci ?

Pour conclure, disons que la musique de The National met du baume au coeur et qu’on se sent un peu moins seul, un peu plus humain. Comme qui encore?

Un coup d’oeil sur leur site vaut la peine : les photos y sont très "classe" et reflètent à la perfection l’esprit du groupe.

Comment j'ai quitté Le Monde

Je suis un lecteur du Monde depuis maintenant pas mal d’années déjà. Lorsque le bouquin de Pierre Péan et Philippe Cohen est apparu, je n’ai d’abord pas voulu l’acheter, probablement une façon comme une autre de faire l’autruche. Le départ de Daniel Schneidermann, précipité en quelque sorte par cette affaire du Monde/Péan, m’a sincèrement peiné, car c’est une des chroniques que je lisais avec plaisir. Ma belle-mère m’a finalement offert La Face cachée du Monde. Je l’ai lu. Je n’étais pas vraiment convaincu par l’argumentation anti-Edwy Plénel/Jean-Marie Colombani/Alain Minc, mais le bouquin comportait certaines analyses qui avaient réussi à me rendre plus méfiant du journal que j’adulais jusque-là par-dessus tout.

Il y a eu ensuite le changement de format, et ensuite ça a été en quelque sorte Chronique d’une mort annoncée, mais je ne saurai, comme ça, dire exactement pourquoi. Disons que je ne vois plus le journal comme étant "bien au-dessus du lot" ou "bien au-dessus de tout soupçon", l’enquête et la vérification ayant, comme par ailleurs, plus ou moins foutu le camp.

L’éditorial de Jean-Marie Colombani hier est la goutte qui fait désormais déborder le vase et me force à constater que ma relation à ce journal va désormais changer. Lorsqu’il affirme : Le 22 avril 2007 ne peut pas, ne doit pas ressembler au 21 avril 2002. Pour légitime que soit l’aspiration à la diversité, au "déverrouillage" du système politique, que reflète la multiplicité des candidatures au premier tour de l’élection présidentielle, celle-ci doit s’effacer devant un impératif démocratique : éviter la désillusion et la colère qui naîtraient à nouveau d’un débat faussé, amputé. Il est important que notre "cher et vieux pays" puisse, au second tour, dire clairement où il veut aller ; et se prononce sur une certaine idée de notre avenir, de notre vivre ensemble. Il faut donc, au soir du premier tour, que soient réunies les conditions d’une claire et grande confrontation entre deux projets de société. De ce point de vue, il y a dans l’offre politique disponible deux options : celle de Nicolas Sarkozy, se réclamant de la droite et de la majorité sortante, semble déjà sûre d’elle-même ; il faut donc souhaiter que la seconde, se réclamant de la gauche et qu’incarne Ségolène Royal, soit présente au second tour pour assurer les chances d’un vrai choix."

On ne peut qu’être, tel François Bayrou, indigné d’une telle prise de position disqualifiant tout un chacun (lui en l’occurrence) et conseillant de voter pour les deux favoris des sondages (donnant au passage raison à un des angles d’attaque principaux de Bayrou).

Jean –Marie Colombani répond à Bayrou aujourd’hui par un deuxième éditorial – très court – intitulé Indépendance. Il y écrit : Affirmer qu’un journal comme Le Monde et son directeur obéissent à des "commanditaires" quand ils prennent position à la veille d’une élection décisive pour l’avenir du pays est non seulement faux mais gravement injurieux. Nos lecteurs peuvent vérifier chaque jour que leur journal exerce l’indépendance de jugement qui est sa raison d’être et qu’aucun de ses actionnaires n’est en mesure d’enfreindre, à supposer qu’il en ait le désir. C’est précisément pour cette raison qu’ils le lisent, et non parce qu’il se rangerait dans un camp ou dans une famille de pensée.

Je suis d’accord avec les réactions outrées de certains lecteurs du Monde dont voici de bons extraits :

Ocitoyen:
"Mr Colombani, vous avez le droit d’avoir et de donner votre avis comme Mr Bayrou a le droit d’avoir et de donner le sien. Votre intervention manquait du respect minimum vis-à-vis de lui qui consistait à argumenter. En respect pour vos lecteurs, enfin, pourquoi avoir écrit cet article en éditorial et non pas en réaction personnelle, pour situer clairement le contexte de vos propos?"

L.Leuwen:
"Pourquoi donc invoquer un étrange "impératif démocratique" pour disqualifier un candidat ?"

Aillard:
"J’étais au meeting de Bayrou hier soir. Je n’ai pas applaudi quand il s’en est pris au Monde, pensant qu’il exagérait, une fois de plus, j’étais même un peu agacé. Et puis j’ai lu votre éditorial. Bon, votre prise de position vaut ce qu’elle vaut et vu que, cette fois, vous avez signé, ça n’engage que vous (j’ai donc bien fait de ne pas applaudir Bayrou). En revanche, votre argumentaire était mauvais, malheureusement votre ligne de défense outragée l’est tout autant. Le Monde vaut mieux que ça."

EMMANUEL P.:
"Bien sûr que Le Monde est indépendant ! Mais ce qui est choquant c’est de découvrir la pauvreté de votre pensée. Vous semblez supplier vos lecteurs de surtout respecter l’ordre établi : en dehors d’un 2e tour NS-SR, point de salut ! Je préférerais que vous preniez clairement parti pour un candidat plutôt que de présenter comme un "impératif démocratique" le fait de respecter un système UMP-PS qui a amplement prouvé son inefficacité. Nous allons droit dans le mur, mais surtout ne changeons rien !"

denis.fr:
"Monsieur Colombani, parler d’impératif démocratique en disqualifiant le projet de François Bayrou est proprement insultant vis-à-vis des électeurs. Le seul impératif (s’il en est) est d’éclairer un choix, pas de le contraindre. La France démocratique et républicaine à besoin de toutes ses forces..."

Total Carnage


We feed the world

300

Restons dans la politique, mais je vous rassure tout de suite, je ne vais pas vous embêter avec de la politique française. Maintenant que Jean-Marie Colombani a eu ce qu’il voulait et que les français devront choisir entre la pimbêche et le choléra, on ne va plus se pourrir la vie en parlant des présidentielles françaises. De toute façon, tout est dit, non? Puis, voyons le bon côté des choses, dans 2 semaines, on verra au JT des images de bagnoles brûlées par la racaille des banlieues françaises et ce sera toujours plus excitant que le témoignage d’un marchand de glaces heureux de voir son chiffre d’affaires augmenter grâce au réchauffement climatique.

Non, on va parler de politique parce qu’il y a actuellement dans ce domaine deux films à forte connotation qui sont à l’affiche et qui valent vraiment le détour.

Le premier, 300, est une sorte d’apologie de la guerre complètement nazifiante. Si on remplaçait les spartes et les perses par des soldats américains et des terroristes irakiens, on aurait le meilleur film à la gloire de la politique de George W. Bush. Néanmoins, 300 s’en sort avec les honneurs en s’adjugeant le titre de "Meilleur film bourrin de tous les temps". C’est tellement gros que comme l’a souligné Chronic’art, "ce qui frappe surtout dans cette totale bourrinade des familles, c’est le brutal retour en arrière qu’elle propose. Les punchlines éructées en guise de dialogues (déjà cultes sur le Net), la glorification du corps dopé à la testostérone, la couche molletonnée épaisseur triple de la psychologie des warriors, le goût des affrontements entre übermenschen assoiffés de sang et foules anonymes de métèques : tout cela rappelle le coeur des années 80". C’est ce qui rend ce film profondément jouissif et cerise sur le gâteau, c’est magnifiquement mis en scène et somptueusement mis en image. Ce film est une tuerie visuelle qui va faire école dans le cinéma d’action. On n’a jamais vu des combats aussi dantesques qui parviennent à rester aussi "lisibles et détaillés, loin des montages syncopés actuels" comme l’a remarqué K-web. Le Mad Movies a bien disséqué la technique en écrivant qu’en "décomposant chaque mouvement dans un pur ballet barbare, Zack Snyder iconise ces professionnels et nous offre des moments de bravoure grandiose". Bref, amateurs de dégommages 4 étoiles, ruez-vous dans les salles!

Le deuxième, We Feed The World, est, comme l’a bien résumé Universcinema.com, "à la fois un documentaire écologique et un pamphlet dénonçant la répartition quasi criminelle des denrées alimentaires à travers le monde." Si vous avez déjà vu quelques reportages à Envoyé Spécial ou quelques soirées thématiques sur Arte sur le sujet, vous ne risquez pas d’apprendre quelque chose. Le film vaut cependant plus que le coup d’oeil, car c’est un magnifique montage d’images marquantes. Il y a un véritable travail de mise en scène derrière We Feed The World. L’incroyable clip final sur l’industrie du sacrifice du poulet est un must à voir absolument. Vous découvrirez même que de nos jours, il est possible de trouver des jobs aussi ahurissants qu’acheveur de poulets. Reste que le plus frappant dans We Feed The World est son côté complètement nihiliste. Vous sortez de la salle complètement résigné en sachant parfaitement que dans 10 ans, plus personne n’aura la chance de savoir ce que goûte une vraie tomate. José Bové peut se présenter autant de fois qu’il veut aux élections présidentielles françaises. Il n’y a rien à faire, c’est inéluctable.

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