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Bonnes pioches


Volcano! - Beautiful Seizure

Jay Reatard - Blood Visions

Swan Lake - Beast Moans

Dans mon précédent billet, je disais que je n’avais rien entendu qui mériterait qu’on s’y attarde. Ce n’était pas tout à fait exact. En plus du prochain album de Clap Your Hands Say Yeah  sur lequel on reviendra dans les semaines à venir (non, ce n’est pas une blague), il y au moins 3 disques qui m’ont plus ou moins sorti de ma torpeur hivernale.

Blood Visions de Jay Reatard est incontestablement le maître-achat pour tous les ivrognes et amateurs de pogos acharnés. C’est paru sur In The Red, label à qui l’ont doit déjà les excellents Country Teasers.  Comme le dit Agent Palmer, c’est un album qui "rend dingue avec son punk-rock moderne, brutal et psychotique, ses touches new-wave, ses refrains pop"  et qui incarne au mieux "l’essence même du meilleur rock & roll", à savoir:  se foutre à poil, sauter en l’air, se laisser violer le cerveau par la sauvagerie musicale. "  Je rassure les moins extravertis: l’album peut quand même s’écouter habillé et assis.

De son côté, Beast Moans de Swan Lake ravira tous les fans de musique visiblement composée sous influences. K-web, qui n’a pas aimé, n’a pourtant pas tort quand il se moque de l’album en écrivant que pour en parler,  "on lancerait la grosse artillerie métaphorique, on ouvrirait le coffret à épithètes, on parlerait d’onirisme lo-fi, de lyrisme pré-apocalyptique, de maelström post-folk, d’aquarelle brossée à grands coups de guitares fauves, d’orgues fous et d’écho grésillant... " Moi, personnellement, je raffole de ce genre d’album foutraque.

En matière d’album foutraque, Beautiful Seizure de Volcano! vaut également son pesant de boules quiès. Selon Chronic’art, c’est "Spazz-rock", ce qu’il faudrait comprendre comme  "tressaillant, chaotique, compliqué, éduqué, épileptique, toujours sur le fil entre complexité math et n’importe quoi noise". Comme le chanteur a une voix similaire à Thom Yorke et qu’on n’est pas vraiment sûr que le groupe comprend ce qu’il essaie de jouer, on définit souvent le bazar comme Radiohead revu et corrigé par Animal Collective. Moi, personnellement, le groupe étant originaire de Chicago, je définirai plutôt Volcano! comme The Mars Volta revu et corrigé par une version cheap et électrique d’un Tortoise sous amphétamine. A noter que c’est sorti chez Leaf,  excellent label qui d’habitude est plutôt spécialisé dans la musique électronique intellectualisante.

Belles courbes


Cashback

Cashback est un film britannique qui m’a tapé dans l’oeil et quand je dis "taper dans l’oeil", c’est un euphémisme. Cela ressemble à s’y méprendre à un film indépendant américain. Pour ceux qui ne savent pas en quoi cela consiste, Cinéchronique avait admirablement bien cerné le genre dans leur critique de Little Miss SunshineUn film indépendant américain, c’est "ce genre de films un peu émotifs, un peu optimistes", "un peu critiques aussi, mais jamais vraiment subversifs", qu’on aime parce "qu’ils répondent à des critères bien particuliers". "On apprécie l’humour des situations burlesques que rencontrent les personnages, le placement de produits culturels presque intellectuels, que l’on accueille avec un petit rictus, et bien sûr les clichés dépeints par les réalisateurs." . Si Cashback répond bien à ces critères, il se distingue hélas par son final digne d’une comédie romantique pour ados, mais surtout dans ces moments de "comédie pure" où le réalisateur se montre "ultra performant" , offrant "des scènes franchement hilarantes" (dixit Krinein). En prime, pour ceux qui aiment les belles courbes, Cashback vous en donnera pour votre argent. Sean Ellis, le réalisateur, est un ex-photographe de mode et ne rate pas une occasion pour le rappeler en usant d’un scénario astucieux, à la limite du fantastique, qui multiplie les occasions pour vous montrer des beaux corps féminins dénudés. Bref, chiennes de garde et autres féministes potentielles, passez votre chemin...

Paris risqués


Cold War Kids - Robbers & cowards

Clap Your Hands Say Yeah - Some Loud Thunder

La semaine dernière, l’Ancienne Belgique accueillait deux des groupes les plus en vue du moment, deux groupes sur lesquels certains ont misé pas mal d’argent.

Les Cold War Kids tout d’abord. Après un EP franchement "top of the list" et leur prestation en première partie des Two Gallants en novembre dernier, quelle ne fut pas notre déception à l’écoute de l’album, bon mais - en gros - trop mollasson, trop conventionnel, trop carré. On n’ira pas jusqu’à s’aligner sur ce commentaire lu sur Tatapoum que Robbers & cowards  sonne comme un "groupe de variété, dans la ligné des derniers albums de U2 et Travis", mais il y a un peu de vrai là-dedans... En concert, le quatuor, soutenu parfois par des cuivres, a défendu son album bec et ongles, mais n’arrivait pas, malgré son professionnalisme, à faire décoller la chose. Finalement, ils portent bien leur nom. Cold War Kids, c’est comme la guerre froide, ça n’éclate jamais...

Les Clap Your Hands Say Yeah ensuite. On n’aurait plus misé un kopeck sur eux. Si leur premier album était prometteur, mais sans plus, le groupe s’est tiré une balle dans le pied lors de leur première tournée où il a empilé les prestations réellement pitoyables, véritables festivals de statisme, non-prise de risque et tirage de tronche. Quand on a entendu parler du deuxième album, on a eu envie de faire comme Pinkushion et dire "mets l’album qu’on rigole". C’est d’ailleurs ce qu’on a fait et on a eu la surprise de découvrir un album pour le moins excellent qui "part dans tous les sens, surprenant sans cesse, passant de la ballade folkeuse crasseuse au titre typiquement Talking Heads, à des ritournelles qui donnent le tournis, des titres "tiroir-caisse" fourre-tout qui partent dans tous les sens, avec un sens (sic) de la créativité très revigorant". 

Sur base de cela, on était vraiment curieux de voir s’ils allaient rectifier le tir quant à leur mauvaise image scénique. Bénéficiant, tout comme les Cold War Kids, d’un son irréprochable ("qui ferait aimer la moindre daube"), les Clap Your Hands Say Yeah, défendus par un chanteur illustrant parfaitement le délit de sale gueule (dans la série tueur en série ou pédophile), ont fait bonne impression et le public semblait enchanté. Le groupe semblait y croire et s’est montré plus aventureux dans l’interprétation de certains morceaux (avec à nouveau l’ajout des cuivres vus chez Cold War Kids). S’il n’y avait pas eu ce guitariste lymphatique qui ne demandait qu’à quitter la scène, on se serait presque dit que ce n’était pas le même groupe que l’on a vu l’année dernière. 

Remplissage

Une fois n’est pas coutume, ici, on va parler théâtre.
Théâtre, car des fois, ça peut atteindre. Des fois, c’est juste pile là où ça fait mal, là où ça pose question.

Quoi? Du théâtre sur Zabladowski?

Quel pourrait être le lien entre de la critique de musique qui tache, de la critique de film qui survole, des weblogeurs et webzineurs qui s’épient les uns les autres, se congratulent ou font spectacle et une pièce de théâtre?

Justement.

D’où peut venir ce besoin d’être quelqu’un? Même si ce n’est que par bouts de textes interposés. Etre quelqu’un même sur un espace aussi stupide et sordide qu’internet. Pire. Etre quelqu’un dans l’univers des weblogs-zines.  C’est vrai non?  Savoir que l’on est lu, détesté ou adulé. Juste parce que l’on est assez acide et cynique.  Pire du pire, on est productif dans ce domaine. Productif...  Bref, ce putain de besoin de croire qu’on existe.

Donc, j’y arrive. Unter eis. Au National... Ben ouais... Le Théâtre National de la Communauté Francaise... Aberrant, j’en conviens.

Cela faisait longtemps que je n’avais plus posé mon cul dans une salle pour voir du théâtre. Etrange impression étant donné que j’ai passé presque tous les soirs de la semaine dans une salle de spectacle. Mais tous ces spectacles ont glissé sur moi sans m’atteindre. Des petites choses faciles ou "provocantes", sans réelle profondeur. Des moments où l’important est de remplir. Remplir une heure ou une soirée. Aller voir un spectacle, boire des bières après, fumer des clopes dans les cafés qui nous acceptent encore, rentrer chez soi et recommencer le lendemain. Ne surtout pas rester seul face à la radio et les sudokus.

Remplir, remplir, remplir.

Puis, hier soir, Unter eis de Falk richter. Quelque chose d’étrange qui a une autre fonction que le remplissage d’une surface-temps.

C’en est même le sujet principal.  Unter eis... Sous la glace...

Paul Niemand, quarantenaire, consultant en consulting, une vie remplaçable et remplie de rien.
Exister? Peut-être en ne se présentant pas à la porte d’embarquement d’un quelconque aéroport.
Entendre son nom répété, répété, répété et décider de ne pas y aller.
Exister, devenir réel pour soi et les autres en étant absent. Peut-être son seul moyen d’acte de révolte.

Une image magnifiquement sobre et impersonnelle, le texte précis débité froidement et l’univers sonore de Paul Lemp rendent visible le désespoir d’une société au bord du gouffre, dans laquelle sentiments et corps n’ont pas leur place.

Paul Niemand n’est personne, Paul Niemand est tout le monde.

Mais ne vous inquiétez pas, tout est sous contrôle. La société du spectacle va continuer à remplir nos vides. Les weblogs-zines aussi...

Dans les bacs


Sur les écrans


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