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Dessine-moi un bon concert


Sonic Youth - Rather Ripped

Badly Drawn Boy - Born In The U.K.

Il y a des concerts lamentables qui remettent en cause tout le jugement que vous portez sur un artiste, le genre de concert qui vous renvoie directement à ces images de fans mécontents se rassemblant pour anéantir au rouleau compresseur leurs collections d’objets d’un artiste devenu indésirable. De nos jours, les fans préfèrent sûrement exprimer leur indignation en revendant leurs kits "toi aussi, deviens un fan de" sur eBay. Vous concéderez que cela le fait moins.

Il y a deux semaines, le concert de Damon Gough alias Badly Drawn Boy au Botanique (Bruxelles) rentrait indubitablement dans cette catégorie. Son dernier album, Born In The U.K, étant déjà limite, Word & Sounds va jusqu’à le qualifier de "sans âme, merdique, consternant, chiant" , on était rentré dans la salle en espérant que le gaillard arriverait à sauver les meubles sur scène. C’était mal connaître le gars. Coiffé de son indissociable bonnet, Damon Gough est un poltron lymphatique qu’on verrait bien jouer les soiffards dans un Ken Loach. Sur scène, son pop-folk indé est joué fadement par un orchestre juste bon pour animer une kermesse aux boudins dans une région sinistrée. Cela sonne comme un groupe de reprises de mauvais tubes de variété. On ne s’est pas fait prier pour quitter la salle au moment du rappel. C’est déjà miraculeux qu’on ait tenu jusque-là. "Sans âme, merdique, consternant, chiant"... Ouais... C’est un bon résumé!

Une semaine plus tard, on se disait que la venue Sonic Youth aux Halles de Schaerbeek allait nous remettre les idées en place en nous démontrant à quel point il est con de perdre son temps dans des concerts de pop chochotte. Il y avait toutes les raisons d’y croire, car l’événement était de taille : cela faisait 6 ans que le groupe n’était plus venu jouer en salle en Belgique. Un bonheur ne venant jamais seul, deux soirs avaient été programmés.

Le premier soir, ce fut la débandade complète. Sonic Youth est apparu excessivement fatigué et a aligné un set de fonctionnaires, mou et presque affligeant. Le set a tourné autour des morceaux de Rather Ripped, indiscutablement un de leurs albums les plus faiblards, et ce, même s’il est "encore au-dessus d’une grande partie de la production rock actuelle", comme le fait remarquer XSilence.net. Mis à part deux belles réinterprétations bien primales de morceaux issus de Confusion Is Sex, leur 2ème album, les fans de la première heure ne pouvaient que bâiller. Le final pathétique où le groupe a fait ronfler ses amplis sans un pet d’inventivité donnait l’impression qu’on venait assister au concert d’un groupe amateur singeant Sonic Youth. C’était la neuvième fois que je les voyais et je ne les avais jamais imaginé capables d’aligner une prestation aussi fade.

Heureusement, le deuxième soir, le groupe a remis les pendules à l’heure. Sans être particulièrement transcendant, le groupe est apparu plus inspiré, plus nerveux, plus tranchant et a joué en prime des versions mémorables de Catholic Block et 100%. Le final, joué avec 4 repêchés des premières parties, des individus pas très sains signés sur Ecstatic Peace, le label de Thurston Moore, valait son pesant de décibels. Parlons-en de ces premières parties, des groupes d’autistes élitistes qui, sous couvert de faire du free-jazz, produisent des nappes de bruit hermétiques. Cela valait le déplacement. Un saxophoniste ressemblait à s’y méprendre au Père Noël et un violoniste était souvent pris d’une subite envie de se brosser les dents sur son micro. Ce genre de performance m’a toujours fasciné. On se demande toujours si ces musiciens ont la moindre idée de ce qu’ils font sur scène. Je tiens à préciser que je suis loin de détester le free-jazz quand il sert à déstructurer un morceau qui jusque-là, sonnait cartésien. Ici, il n’en était pas question. C’était du grand nimportequoi dans toute sa splendeur. Reste que Thurston semblait ravi et ma mauvaise langue me fait dire que s’il est apparu en meilleure forme que la veille, le fait de jouer devant certains de ses protégés ne devait pas y être étranger.

Inrocks ou Télé-Moustique? Pas ma kulture!

En ces temps de Noël, nous avons le temps de surfer… et de nous lamenter. Oui, pour l’instant, pas grand chose à se mettre sous la dent sur le net. Les webzines fatiguent, et l’on se plaint de leur manque de prise de risque, d’originalité en somme. Sauf que…

Sauf que Vincent m’informe, mine de rien, déjà pour la dixième fois, de sa très agréable surprise en tombant par hasard sur un nouveau site belge qui a de la gueule, "vraiment" de la gueule, et ce, malgré, je cite, "un look et une regrettable approche marketing djeun à la PlugTV". Mais quel est ce site bénéficiant de tant de bonté et de superlatifs de la part de ce critique acerbe qu’est Vincent, difficile pour certains, exigeant pour d’autres.

K-web (qui n’est paradoxalement pas accessible via http://www.k-web.be). Le voilà le site tant attendu par Vincent. Je vais jeter un coup d’œil. J’y lis trois articles, celui sur The Ian Fays, celui du Mos Def et celui sur le Swan Lake. Oui, Vincent a raison : non seulement le graphisme et la forme invitent à la lecture, mais surtout le fond, ce ton souvent particulier, plaît directement. Et puis, pour revenir au premier article cité, quelle complémentarité : chronique du CD, clip vidéo, interview filmée et critique du concert à la fois… Mais que demande le peuple in fine ?

Vincent, à qui je laisse le soin de faire de son foin sur la partie cinéma du site, me dit qu’il aimerait peut-être bien inaugurer une rubrique interview en interrogeant les gens derrière ce site. Mais c’est qu’il est véritablement sous le charme coco dis-donc !

Dans les bacs


Sur les écrans


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